Dans le cadre de la journée pan-québécoise d'actions contre la
propagande de guerre, le CRAC Saguenay vous invite à participer à une
ligne de piquetage qui se tiendra devant le centre de recrutement de
l'armée canadienne à Chicoutimi(12:30, 345 rue des Saguenéens, transport
disponible à partir de l'UQAC: rendez-vous à 12:15 à la porte est du
pavillon principal).
La journée d'événements marquera le lancement de l'édition 2008-2009
de la campagne Opération Objection. Démontrons aux militaires qu'ils
n'ont nullement l'appui de la population et que l’opposition à leurs
activités de propagande et de recrutement est très active au Québec.
L'armée canadienne est présentement dans une période d'expansion
fulgurante. En dollars ajustés, le budget militaire est à son plus haut
niveau depuis la Seconde Guerre mondiale et il continue à s'accroître.
Notre société se militarise : les investissements dans le secteur de
l'armement et les campagnes de relations publiques et de recrutement se
multiplient à un rythme effréné.
Mobilisons-nous contre cette militarisation !
CRAC Saguenay
infos: cracsaguenay@hotmail.com
cracsaguenay.blogspot.com
lundi 15 septembre 2008
18 septembre: Ligne de piquetage devan t le centre de recrutement de l'armée à Chicoutimi
samedi 13 septembre 2008
Décisions économiques d'un autre âge
Citoyen de Québec
Comment ne pas s’interroger sur le jugement, les compétences, sans compter les intérêts de nos dirigeants politiques d’implanter un site de transbordement et d’acheminement du gaz naturel liquéfié à Lévis, alors que les refus de telles installations se multiplient sur la côte est des États-Unis et sur la côte ouest du Canada? Il faudra également acheminer ce gaz jusqu’aux États-Unis par des conduites qui transformeront le paysage physique et social (par exemple, les expropriations, la multiplication de mesures de sécurité) sur des kilomètres de façon beaucoup plus marquée qu’on ne le mentionne présentement. D’ailleurs, ce qui vaut pour le gaz vaut aussi pour le pipeline qui doit acheminer le pétrole des installations d’Ultramar, aussi à Lévis, vers la région de Montréal.
L’exploitation de nos ressources naturelles, particulièrement la forêt, l’eau et les mines, sans autre planification que le maximum de profits pour les compagnies transnationales demeure à l’ordre du jour. Pourtant, la dévastation de nos forêts pendant tout le 20e siècle, les récents déversements du pétrole à la raffinerie Ultramar, celui d’Alcan-Rio Tinto au Saguenay, le déplacement d’une partie d’une ville de l’Abitibi pour permettre l’exploitation de mines devraient inciter les dirigeants politiques à abandonner ces orientations dignes d’un autre siècle.
Politiciens et entrepreneurs de tout acabit refusent à l’évidence de sortir des modèles et des activités économiques qui ont fait florès chez nous au 20e siècle. Ils continuent de vendre le Québec comme un vaste espace de ressources natuelles qui ne demandent qu’à être exploitées. Les milliards de profits qu’on fait miroiter ces jours-ci dans l’éventualité où le Québec vendrait son eau douce constituent un bel exemple de cette indécrottable façon de penser. Les véritables enjeux liés à la mondialisation, tels qu’ils se présentent maintenant et le feront tout au long du 21e siècle, sont alors complètement occultés. Dans un tel scénario, non seulement le Québec demeure un paradis pour les entreprises énergivores, mais il offre maintenant en prime les caractéristiques de ces régions intermédiaires instrumentalisées par le capital transnational pour supporter les risques environnementaux et sociaux que d’autres repoussent avec force.
Comment ne pas être cynique lorsqu’on apprend que les défenseurs à tout crin d’un projet comme Rabaska, son directeur d’une part, peut-être la mairesse de Lévis d’autre part, sont invités à quitter le bateau, pour relever de nouveaux défis, comme on dit? Qui se souviendra de ces décideurs et du petit cercle d’entrepreneurs qui gravitent autour de ce projet maintenant lorsque, dans quelques années, il faudra en affronter les effets environnementaux et sociaux? Les expériences passées sont volontairement ignorées.
Comment ne pas être irrité devant le mépris des dirigeants politiques qui, sans sourciller, font valoir la création d’emplois liée à ces projets, alors que ces gens savent pertinemment qu’au mieux quelques dizaines de postes seront à combler une fois les infrastructures installées?
Les autorités politiques et les financiers qui les supportent n’hésitent pas à utiliser tous les moyens disponibles pour vaincre les résistances. Ils comptent également sur la résignation de la population pour mener à bien leurs entreprises. Seule la vigilance citoyenne peut aider à débusquer et à dénoncer ces manoeuvres et ces jeux de coulisses. Refuser de se laisser enfermer dans le cynisme. Refuser la résignation.
Source: Le Soleil
mercredi 10 septembre 2008
Forum du réseau néo-nazi Blood & Honour hacké
Un texte d'Antifa-Montréal :
"Un groupe d'antifascistes allemands a récemment réussi à hacker le forum sécurisé de l'organisation Blood & Honour, un réseau de néo-nazis d'envergure internationale. Ce faisant, ils ont réussi à copier le contenu intégral du forum, incluant toutes les discussions, messages privés et photos contenues dans le forum de presque 32 000 utilisateurs. Les données ont ensuite été postées un peu partout sur internet. Actuellement, on peut les obtenir soit par torrent ou téléchargement direct.
Évidemment, on sait depuis longtemps que les forums de néo-nazis sont principalement le théatre de chicanes et de guerres intestines entre individus et groupes racistes. Par contre on sait aussi que c'est souvent sur ces forums que ces tristes personnages se rencontrent et s'échangent de l'information. Des individus auparavant isolés se retrouvent entre eux, forment des groupes d'amis et même parfois, d'action.
Une analyse préliminaire des données contenues dans le forum dévoile bon nombre d'individus néo-nazis actifs dans diverses région du Québec, du Saguenay-Lac-Saint-Jean à Montréal, en passant par Québec et Saint-Jean. Difficile d'en savoir beaucoup plus puisque la vaste majorité de ces individus sont très avares d'échanger des renseignements personnels, témoignant des suspicions omniprésentes dans les échanges. Mais, évidemment, il y a toujours de incrédules pour poster leur date de naissance, nom ou numéro de cellulaire!
Quoique Blood & Honour soit principalement actif en Europe et en Grande-Bretagne, on dénote plusieurs individus de la région de Montréal parmi les membres du forum. Ils s'en servent pour établir des contact et s'inviter à des rencontres :
Tu a dit que tu voulait commencer un recrutement pour B&H au Quebec, est-ce encore en marche?
"Recrutement pour BLOOD and HONOUR/Combat 18-Strikeforce 28 Mtl. Pour info veuillez écrire à: [email]"
Je reste au Nouveau-Brunswick et jaimerai en savoir plus.
-Derek
Cependant, ça ne s'arrête pas là. Ils se servent ensuite de ces contacts pour organiser des attaques, comme en témoigne ce message privé envoyé à une néo-nazi de Montréal reconnue, Tara Dribnenki, en 2006 :
Hello. We have not talked for a long time ( I think you blocked me, not sure...). Well I wondered if you know any1 in Montreal that would like to make random attack against blacks, in Hochelaga-maisonneuve at 7:30 PM. We are suppose to be 5 minimum, and maximum 10, thats why we need more people.
Ou encore celui-ci :
salut je m'adresse a toi parce que jai vue une discution ou tu donne un pm a oakson je veu savoir la meme chose si il y a des patriot actif au quebec ons es deja queque membre dans notre gang mais je veut briser un regroupement d'indien et clairer les quelque imigrer de mon coin avant que sa empire alors si tu conais jaimerais savoir merci restons fort pour toujours dans les pire moment !! :ll p.s la place au quebec ses le lac st jean :cool:
Mais les violentes intentions ne se limitent pas à des attaques racistes. Outre les militants et militantes anti-nazi (ARA, SHARP, etc.) à qui ont souhaite les pires tortures et la mort à tout coup, les regroupements de défenses d'immigrant et immigrantes figurent parmi les cibles légitimes d'attaques, selon cette discussion :
Here is what I read in a newspaper, the 24 Heures - 20 Avril 2006, page 4
english summary after the textDes appuis pour les sans-papiers
Solidarité sans frontières et quelques autres groupes de défense des droits des immigrants montréalais demandent une amnistie pour tous les sans-papiers du Canada. Une manifestation aura lieu le 27 mai sur le coup de midi a partir du carré Phillips dans le centre-ville. Les marcheurs se rendront vers les quartiers de Parc-Extension et Cote-Des-Neige(negre!). Les organismes réclament la regulation de toutes les personnes sans papiers, la fin des déportation et des détention des immigrants et réfugié et l'acces des certificats de sécurité. Selon l'organisme, il y aurait 40 000 sans papiers dans la région de Montreal.A little summary in english : The may 27, illegal will riot with a lot of other ``legal` immigrant and all the hippy communist. This has been organized by Solidarité Sans Frontieres. There is about 40 000 illegal in Montreal only.
Do you know if there will be a counter-riot like in the USA?
Si on pouvait arreter de se chier sur la tête,on pourrait peut-être aller leur lancer quelques briques non? Perso,je suis partante pour y être,avec 2-3 autres,s'il y a quelque rassemblement,si petit soit-il.
im ready to go if anyone will join, I'll talk to some people.Time to act
si qqun veu venir foutre le bordel moi pi une coupe dautre personnes on y va deja..... juste a menvoyer un mp ou un email
Difficile de nier, à la lumière d'exemples aussi frappants, que les gangs de néo-nazis sont un fléau contre lequel on doit se défendre. On se demande bien aussi qui peut bien continuer d'affirmer que les anti-fascistes sont les responsables des violences dans notre quartier... Et ce ne sont que des exemples d'échanges sur un forum internet! Imaginez seulement ce qu'ils doivent se dire et s'imaginez quand ils et elles sont entre eux!
Pour conclure, nous saluons nos camarades anti-fascistes d'allemagne pour cet excellent travail, pour lequel ils et elles ont dû risquer gros!
Continuons la lutte!
Défendons notre quartier contre la vermine raciste et fasciste!"
jeudi 21 août 2008
Ce n'est qu'un début
Un bilan
Initialement prévu pour donner suite à l'action à l'UQAC du 7 novembre 2007, le blog est par la suite devenu une antenne de diffusion de ce qui se passait dans la région et ailleurs sous un point de vue libertaire teinté par le milieu. Les idées antimilitaristes ont été amenées dans la lutte régionale contre la guerre en Afghanistan. En plus des actions et événements qui se sont déroulés dans la région, le blog a permit de refouiller l'histoire sociale du Sag-Lac, dont, malgré les discours réactionnaires entendus cette année sur le sujet, plusieurs pans sont empreints de radicalisme. Notée sur de multiples tracts, pamphlets et affiches imprimé(e)s sans avoir à débourser un sous, l'adresse du blog a pu donner accès à de plus amples informations aux gens dont les discours des "leaders" régionaux abbéraient. Et finalement, par ce blog, j'ai voulu (et j'aurais voulu encore davantage) affirmer qu'il y a bel et bien des libertaires (ou anarchistes) présent-e-s et actifs/ves dans cette région éloignée des grands centres.
Ce n'est qu'un début continuons le combat
mardi 5 août 2008
Jeunes ou vieux, même pourriture...
En congrès ce weekend, les Jeunes Libéraux du Québec ont adoptés de nombreuses résolutions, qui sans grande surprise, sont encore plus anti-sociales et réactionnaires que celles de leurs ainé-es au pouvoir. En gros, ils proposent 3 résolutions:
1-Frais de scolarité triplés;
2-Exigence du vote secret dans les syndicats;
3-Immersion anglaise pour la moitié de la sixième année scolaire au primaire;
Bon, on s'attendait tout de même pas ce qu'ils et elles nous proposent la création de conseils ouvriers(!!), ou du moins des mesures sociales concrètes! Mais de là à demander de tripler les frais de scolarité, et à attaquer encore plus le droit des syndiqué-es à décider eux-même de leur propre fonctionnement à l'interne, afin de mater les derniers vestiges combatifs des syndicats, y'a tout de même des limites! Même leur chef de parti semblait sceptique, c'est tout dire...
Si c'est ça la relève du PLQ, et bien on est de mieux de se préparer parce que la lutte elle ne fait que commencée...À ce rythme dans 10 ans, ils et elles auront encore plus massacré nos acquis sociaux que la vieille facho de Tatcher dans les années 80 en Angleterre. Comme quoi la démocratie bourgeoise n'a été, n'est et ne sera toujours qu'un outil au main des riches et des dirigeants de l'économie. Peu importe le parti qui nous dirigera, ça sera toujours pour nous faire crever un peu plus vite.
Nos camarades de la Nuit(Québec) on écrit un texte au sujet de leur proposition anti-syndicale que vous pouvez lire ici.
Nos camarades du Collectif du 19 juillet (Sherbrooke), on fait un billet sur le congrès des jeunes libéruax, à lire par ici.
L'ASSÉ a elle aussi déjà répliquée sur leur proposition débile de tripler les frais de scolarités, que vous pouvez lire ici...
À quand une bonne vieille grève générale??"
vendredi 1 août 2008
8 au 24 août 08 :: 6e Campement Autogéré
Le Campement Autogéré se greffe à la lutte contre le projet Rabaska et s'installe dans la municipalité de Beaumont, près de Lévis (rive-sud de Québec) du 8 au 24 août 2008. Dans la mouvance internationale des Camps for Climate Change, le Campement s'allie donc à une lutte populaire locale, opposée aux conceptions dominantes de l'avenir énergétique de nos sociétés, afin d'y apporter sa couleur toute particulière d'actions en vue de changements sociaux et environnementaux majeurs... et nécessaires. | |
Un lieu pour vivre l'autogestion, un geste politique
Un campement autogéré est un lieu politique, ouvert et inclusif, dans lequel chacunE est invitéE à expérimenter, par des paroles et par des actions, la construction d'une zone autonome temporaire. Cet espace est fondé sur des valeurs telles que l'autogestion, l'échange, le partage, la solidarité, la liberté, le respect, la responsabilisation, l'égalité, la démocratie directe, l'écologie et la décroissance.
Les campeur/EUSEs s'y organisent librement, collectivement et par la recherche du consensus, se mettent en action pour faire vivre l'utopie politique d'un mode fraternel, solidaire et débarrassé de tout enjeu de domination. Un campement autogéré est ainsi un geste politique en soi, dans lequel nous revendiquons, comme une fin et comme un moyen, la réappropriation de nos vies et le pouvoir de nous organiser collectivement.
Qui sommes-nous ?
Historiquement, le Campement Autogéré (CA), à l'époque « Campement Québécois de la Jeunesse », puise ses racines dans le mouvement altermondialiste, les Forums Sociaux Mondiaux et le Campement Intercontinentale de la Jeunesse. Le CA est un espace de convergence non confessionnel et non partisan pour les individu-e-s et pour les groupes sociaux. Notre projet collectif est la mise en pratique d'alternatives sociales et politiques, l'expérimentation d'un vivre ensemble basé sur des valeurs comme l'horizontalité, la recherche du consensus, l'autogestion, l'écologie, le féminisme et la démocratie directe.
L'année passée, le CA s'est déroulé dans la région de Montebello afin de se joindre aux protestations contre la signature du « partenariat sur la sécurité et la prospérité » (PSP). Cette année, nous nous sentons particulièrement interpelléEs par les enjeux soulevés par le projet Rabaska et l'appel lancé par le collectif « Stop au Méthanier ». Aussi, cette année, nous établissons notre campement dans la région de Lévis-Beaumont afin de nous greffer à la lutte que le collectif et ses organisations membres ont entamé il y a 4 ans contre le projet Rabaska. Dans cette optique, le campement s'est affilié avec les autres « camp for climate action »[2], un mouvement international de protestations, de sensibilisation et d'actions contre les changements climatiques et de propositions environnementales alternatives. Bien humblement, nous espérons ainsi contribuer à donner à la lutte contre Rabaska une résonance nationale et internationale."
Voir le site web du Campement AutogéréSi vous avez des lifts à offrir n'hésitez pas à utiliser la page de commentaires en plus de la section covoiturage sur le site du campement
Le bureaucrate
"Pendant longtemps, le gratte-papier fut la risée de l'homme productif. Son inutilité, sa fainéantise, son idiotie faisaient le bonheur des chansonniers et les ronds-de-cuir les beaux jours du théâtre de boulevard. On se gaussait de ses manchettes, de son binocle, de sa plume Sergent-Major, de son fond de culotte râpé, de la calotte qui cachait sa calvitie. Le bureaucrate, et plus particulièrement le bureaucrate fonctionnaire, apparaissait comme le ravi de la crèche, l'inoffensif parasite.
En réalité, il s'agissait d'un monstre qui, insidieusement, sans bruit, rongeait tout le corps social, le pénétrait, le dépeçait, se multipliant comme sait se perpétuer la vermine, prenant d'assaut les commerces, les banques, les bureaux d'usines, multipliant ses formulaires, ses registres, ses questionnaires, ses arrêtés, ses commandements, ses notifications ; les envoyant tous azimuts, submergeant les citoyens de ses circulaires, de ses photocopies, de ses pièces à remplir (de toute urgence, sous mesure comminatoire). Le bureaucrate, se vengeant de son inutilité, se rendit indispensable. Il colonisa entièrement la société, qu'il plaça à sa merci. Pour qu'on ne l'oublie pas, il nous harcela, il nous questionna sans répit, nous inonda de papiers inquisiteurs. Puisque vous vous moquiez de lui, il se moqua de vous, qu'il transforma à son image. Vous êtes, nous sommes bureaucrates nous-mêmes, à notre insu, à nos dépens. Nous ne pouvons plus nous passer de ce tyran qui nous opprime, surveille nos faits et gestes, ouvre notre porte-monnaie, compte nos sous, prélève son impôt, met en doute nos déclarations, les épluche, les conteste."
Michel Ragon dans Les coquelicots sont revenus (1996), p.16-17
mercredi 30 juillet 2008
«Aussitôt que je peux, je m'enrôle. Tirer, c'est ma passion.»
Une vingtaine de cadets vêtus de l'ancien uniforme vert olive de l'armée canadienne sont couchés sous une tente dans un champ de tir, carabine de calibre 22 à la main. Appuyés sur un sac de sable, ils visent une cible placée quelques mètres plus loin. Une instructrice leur crie: «Relève! Pour un tir de 10 balles! Lorsque vous serez prêts, feu!»
Antoine Rivière, 14 ans, atteint la cible à tous les coups. Le garçon de Lévis a le crâne rasé et mesure un peu plus de quatre pieds. Il est fier de sa performance.
«C'est rare que ça m'arrive. Après les cadets, j'aimerais entrer dans la réserve de l'armée. J'aime avoir du fun en gang et j'adore la discipline et les ordres.»
Antoine fait partie des 2000 jeunes de 12 à 18 ans qui participent à un camp d'été des cadets de l'armée de terre sur la base militaire de Valcartier. Le plus gros rassemblement du genre au Canada. Ils prennent part à toutes sortes d'activités: exercices de survie dans les bois, escalade, jeux de cordes dans les arbres et maniement de carabine.
Dans le champ de tir, Mélissa Leroux, 13 ans, a manifestement de la difficulté à manier son arme. Lorsque vient le temps de voir son résultat, elle remarque que sa cible est restée vierge. «C'est la première fois que je tirais de la vraie carabine, dit-elle. J'étais vraiment stressée.»
Comme beaucoup d'adolescents rencontrés par La Presse à Valcartier la semaine dernière, elle aimerait grossir les rangs des Forces armées canadiennes. «Je veux être une infirmière plus tard. J'aime les cadets parce que c'est autoritaire, dit-elle. Avant de m'inscrire, j'avais beaucoup d'amis. Maintenant, je suis encore plus populaire!»
Un peu partout sur la base, des adolescents marchent en rang en balançant les bras à la manière militaire: «Gauche, gauche! Gauche, droite, gauche!» Sarah Boulanger, 14 ans, est persuadée que son expérience dans les cadets lui donnera plus de chances de devenir militaire. «Aussitôt que je le peux, je m'enrôle. Tirer, c'est ma passion! À la maison, j'ai une carabine 22 et je me pratique sur une cible.»
Devenir un bon citoyen
L'officier des affaires publiques des cadets au Québec, le major Carlo De Ciccio, affirme que les activités de tir se font dans un cadre sportif. «On se base sur les normes olympiques. Les cadets représentent une pépinière d'athlètes de biathlon. On leur donne la chance de tirer avec des armes qui ont plus de précision, avec l'expertise des Forces canadiennes.»
Il croit qu'il est parfaitement normal de donner des armes à des mineurs si les manipulations se font dans un cadre sécuritaire. «Pour les gens de la ville, ça peut paraître étrange, mais c'est courant en région. Savoir manipuler une arme fait partie des choses qui font des cadets de meilleurs citoyens.»
À une vingtaine de minutes du camp de base, des dizaines d'adolescents s'amusent dans un immense jeu de cordes installé dans les arbres. Les jeunes montent à une douzaine de mètres à l'aide d'échelles et de tyroliennes. Au pied des arbres, sur le bord d'un grand lac, les cadets attendent tranquillement que leurs confrères terminent leurs manoeuvres. La Presse leur a demandé s'ils étaient intéressés à grossir les rangs de l'armée. Onze des 12 adolescents ont levé la main.
Seule Samanta Goyer n'a pas l'intention de s'enrôler. Plus tard, la cadette de 16 ans aimerait devenir une intervenante sociale. «Les jeunes se confient à moi, dit-elle. J'adore m'occuper d'eux.»
Le major Carlo De Ciccio précise qu'il n'y a aucun recrutement militaire chez les cadets. Il ajoute toutefois que les jeunes savent davantage à quoi s'attendre s'ils deviennent des recrues de l'armée. «Ils apprennent à cirer leurs bottes, repasser leur uniforme, faire le drill militaire et leur lit. Ils sont au courant des défis qu'ils auront à relever.»
Au fond du bois, un groupe de jeunes garçons s'affaire à monter une tente, au milieu d'un nuage de moustiques. Ils chantent «Oui, c'est nous le peloton 13!» sur l'air de We Will Rock You de Queen. Ce sont de vrais guerriers. Link Chevalier, 14 ans, est un Gaspésien passionné des armes. «Je suis entré dans les cadets parce que j'avais envie de tirer, dit-il. Je suis même le meilleur tireur de mon corps de cadets!»
Un garçon blond, Patrick Delamarre, 14 ans, se mêle à la conversation pour manifester son amour de l'univers militaire. «J'aimerais avoir un métier dans l'armée. Il y a des règles à respecter, mais c'est le fun quand même. Mon rêve est de devenir tireur d'élite. J'aimerais aussi conduire des jets et des tanks!»
mardi 29 juillet 2008
Les Bélugas du St-Laurent : 2/5
Ces baleines blanches du St-Laurent fréquentent principalement l’estuaire moyen et maritime du St-Laurent, une partie du Fjord du Saguenay et le Golfe du St-Laurent, qu’elles occupent surtout l’hiver. Quelques sites du St-Laurent sont connus comme aire de mise-bas (pouponnières) dont la Baie Ste-Marguerite dans la rivière Saguenay et les abords de Cacouna, que la construction d’un port méthanier menace gravement.
Les femelles peuvent accoucher d’un veau tous les 3 ans, après une période de gestation de 12 à 15 mois. Celles-ci, accompagnées de leurs progénitures, préfèrent les baies protégées et les embouchures de rivières.
Les Bélugas se nourrissent de poissons de longueur de 10 à 20 cm, comme le hareng et le capelan, en plus d’invertébrés marins qu’ils retrouvent au fond de l’eau. Ils peuvent plonger jusqu’à 800 mètres de profondeur. Les dernières données disponibles sur leur longévité l’établissent à 60 ans.
Les Bélugas sont très grégaires dans leurs déplacements et activités quotidiennes. Ils se dirigent et trouvent leurs proies sous l’eau grâce à une sorte de baril d’huile dans la tête, le melon, dont les vibrations lui servent de radar très précis (écholocation). Ils sont dotés du plus grand répertoire vocal chez les cétacés, soit une des raisons pour laquelle on le nomme également le « Canari des mers ». Ces baleines peuvent émettre un large éventail de sons et bruits, dont des meuglements, des sifflements, des cliquetis, des gargouillements, des caquètements, des aboiements, etc…
Les Cadets Royaux de l’armée canadienne
- L'armée finance ce "Mouvement d'intéressement à l'armée" à coup de près de 200 millions de $ par année. Pour peu dire que l'intérêt des Forces pour ce "mécanisme d'intéressement" est manifeste.
- L'armée finance les diverses Ligues de cadets, ces fondations qui rendent prétendument le mouvement civil. Revenu Canada considère les Ligues de cadets comme étant des organismes de charité, et les autorise à émettre de reçus pour exemption d’impôts. Cette réalité permet aux Corps de cadets de ramasser des fonds qui servent souvent à financer des activités de sensibilisation aux Forces Canadiennes (participation à des spectacles aériens, événements naval, visite de musés militaires, parades militaires, compétitions de fanfares, compétitions de tir, etc....).
- L'armée fournit et finance toute une gamme d'infrastructures et d'équipements, tant pour l'entraînement régulier des cadets dans les écoles pendant l'année scolaire, que pour les camps d'été.
- L'armée fournit les infrastructures administratives pour les "Bureaux des cadets", qui gèrent souvent le mouvement à partir de bases militaires. Les commandants régionaux des cadets sont des militaires de carrière qui
relèvent de l’autorité du Quartier Général de la Défense Nationale.
- Les activités de plusieurs Corps de cadets dépendent d'un soutien et d'un lien étroit avec leur unité de réserve régionale et en porte aussi leurs couleurs, badges et nom de régiment.
- L'armée fournit les uniformes, calqués sur chacune des uniformes des trois forces: Cadets de l'air, de la Marine et de l'armée de terre.
- La structure hiérarchique des cadets provient de celle de l'armée, tant pour les cadets eux même, que pour leurs instructeurs.
- Les forces de réserve de l'armée inspirent le fonctionnement des Corps de cadet au cours de l'année scolaire: l'horaire et le contenu des formation sont similaires, à l'exception des notions de combat.
- Les forces régulières de l’armée inspirent le fonctionnement des camps estivaux des cadets qui se font sur des bases militaires. On reproduit le quotidien des " vrais de vrais militaires" grâce aux infrastructures et à une gamme d’équipements mis à la disponibilité des jeunes. Les jeunes en camp de vacance, s’acclimatent au quotidien de la vie sur une base.
- Comme pour les militaires, le cadet se familiarisent avec les armes à feu, apprennent à en prendre soin, à la monter, à la démonter, il y a même des compétitions du genre. Certains cadets participent à des compétitions de tir et, deviennent "tireurs d'élite", comme c'est le cas pour les "snipers" de l'armée. Ultimement, comme le militaire, l’enfant intègre l'idée que sa vie peut dépendre de son arme.
- Les entraîneurs des cadets, qui font parti du Cadres des instructeurs cadets, étaient considérés comme membres de la réserve jusqu'en 2006. Dorénavant, ils sont considérés comme faisant partie de "la cinquième
branche des Forces Canadiennes". C’est une question de sémantique, ils sont toujours rémunérés par les Forces Canadiennes, en fonction d'échelles salariales similaires, bénéficient des mêmes gammes de bénéfices et on
réfère aux mêmes mécanismes d'ancienneté et de hiérarchie que dans l'armée régulière.
En somme, tout comme les militaires, les cadets portent l'uniforme militaire, sont soumis à la hiérarchie militaire en étant conditionnés à obéir au doigt et à l'œil (drill), simulent les missions armées que mènent les véritables soldats (scheme), sont en contact avec une panoplie d'équipements de combat (TTB, Tanks, fusils d’assaut) et apprennent même de façon limité, le maniement des armes. Plusieurs cadets soulignent l'importance de cette discipline prétendument volontaire.
Pour la majorité de la population, tout comme pour nous, malgré les centaines de protestations reçues, il est très difficile de voir en quoi cet organisme jeunesse peut être indépendant de l'armée. Pour ce qui est de la différence, qui selon les membres du mouvement est ÉNORME entre un "mécanisme d'intéressement" et un "mécanisme de recrutement" de l'armée, nous vous laissons le soin de porter vos propres conclusions.
Les prétendues nuances relèvent beaucoup plus de la novlangue Orwellienne utilisée par l’armée, que d’une réalité factuelle."
Campagne d'opposition au recrutement militaire
samedi 26 juillet 2008
Un message de la communauté Algonquine du Lac Barrière
"« Nous, le peuple traditionnel de Lac Barrière, avons depuis toujours vécu selon notre droit coutumier que nous avons codifié comme notre Mitchikanibikok Anishinabe Onakinakewin (Code de Gouvernance Coutumier du Lac Barrière). Ceci est ce que nos arrière-grands-parents nous ont légué, ainsi qu‘à nos enfants, nos petits-enfants, et les générations qui suivront. Notre responsabilité est d'assurer que notre droit coutumier soit toujours respecté et protégé.
Notre Festin sert de remerciement pour ce avec quoi nous nourrissons nos familles, les aliments qui proviennent de nos terres et rivières. Le Wampum à Trois Cordes est un symbole d'amitié avec nos Frères et Sœurs, les enfants, et tous les êtres vivants. Ceci est la base de nos enseignements. Nous avons une grande responsabilité : Protéger nos terres, protéger nos animaux, poissons et oiseaux. Défendre notre mode de vie de chasseurs afin que nos enseignements et notre Festin puissent continuer à exister pour nos enfants, petits-enfants, et les générations qui suivront avec notre langue et nos croyances.
Aujourd'hui, en tant que communauté traditionnelle, nous luttons pour défendre notre droit coutumier contre des violations de la part d'individus qui ne les respectent plus, ainsi que la manière dont nous nous gouvernons. Nous honorerons ce que nos arrière-grands-parents nous ont légué. Personne ne prendra notre droit coutumier pour s'allier avec le gouvernement fédéral afin de s'enrichir et compromettre nos droits et intérêts.
Notre droit coutumier est sensé nous aider à vivre en harmonie avec la nature et entre nous-mêmes. Ce n'est que quand des individus vivants au sein de notre communauté violent et font fi de nos coutumes que l'harmonie est rompue.
Malgré des avertissements répétés de cesser, une faction dissidente continue de violer et de faire fi de nos coutumes et a brisé l'harmonie de notre communauté. Ainsi, le 4 Mars 2008, la majorité des membres éligibles de notre communauté de Mitchikanibikok ont confirmé que nous n'accepterions pas que ces dissidents restent au sein de notre communauté. Maintenant le gouvernement fédéral essaie de nous les imposer en utilisant la Sûreté du Québec pour les ramener dans notre communauté.
Le gouvernement du Canada et le gouvernement du Québec veulent remplacer notre Chef et conseil coutumier parce que nos leaders exigent qu’ils honorent les ententes qu’ils ont conclues avec notre Première Nation.
Les ententes avec le gouvernement fédéral sont:
• L’Entente trilatérale de 1991.
• Le Protocole d’intention réciproque et l’Offre globale de reconstruire note communauté de 1997.
• Les dispositions spéciales stipulées dans notre Entente de contribution jusqu’à la venue d’un tiers administrateur qui les a enlevées.
Les ententes avec le gouvernement du Québec sont:
• L’ Accord bilatéral de 1998 et la mise en oeuvre des Recommandations conjointes adoptées par le négociateur du Québec, John Ciaccia, et notre négociateur, Clifford Lincoln, notamment le paiement annuel de 1.5 million de dollars à notre Première Nation en partage des recettes.
Le gouvernement fédéral tente d’imposer une faction dissidente minoritaire à notre Première Nation dans le but de se libérer des obligations qui lui reviennent en vertu des ententes signées avec notre Première Nation. C’est une répétition de ce qu’il a tenté de faire en 1996-97.
Appel à l'appui
Nous sommes à la recherche de groupes et d’organismes pour appuyer la liste de demandes de la communauté. Si vous aimeriez le faire contactez barrierelakesolidarity @gmail.com
LISTE DE DEMANDES DES ALGONQUINS DU LAC BARRIERE
1. Que le Gouvernement du Canada accepte de respecter le résultat d’un nouveau processus de sélection de nos dirigeants avec des observateurs de l’extérieur, qu’il reconnaisse le nouveau chef du Conseil de bande et qu’il cesse toute ingérence dans la gouvernance du Lac Barrière.
2. Que le Gouvernement du Canada accepte d’inclure immédiatement un programme de langue et de culture algonquine au programme de l’école primaire.
3. Que le Gouvernement du Canada respecte les ententes signées avec le Lac Barrière, y compris l’entente tripartite, le Mémoire d’entente mutuelle et les dispositions spéciales, auxquelles il a mis fin illégalement.
4. Que le Gouvernement du Canada abroge le système de gestion par des tiers, qu’il a imposé injustement au Lac Barrière.
5. Que la Province de Québec respecte les ententes signées avec le Lac Barrière. Incluant l’entente tripartite de 1991 et les ententes bilatérales de 1998, et qu’il mette en application les recommandations bilatérales de Ciaccia-Lincoln, incluant la contribution annuelle de $1,5 millions en partage du revenu des ressources.
6. Que le Gouvernement du Canada et la Province du Québec amorce une enquête judiciaire sur la façon dont le bureau régional du Québec du ministère des Affaires Indiennes traite le Lac Barrière et les autres Premières Nations qui voudraient y être inclus.
7. Que le Gouvernement du Québec, en consultation avec les Premières Nations, examine les recommandations de la Commission IPPERWASH en Ontario à titre d’exemple pour améliorer les relations Québec-Premières Nations et les procédures de la Sûreté du Québec dans son rôle de police des communautés des Premières Nations."
mercredi 23 juillet 2008
Il y a maintenant 130 ans : La Commune de Québec
Québec au printemps 1878: crise constitutionnelle et émeute communiste - Une page reléguée aux oubliettes de l'histoire
Yvan-M. Roy, Avocat
Édition du mercredi 30 mai 2007
Le 26 mars dernier, les électeurs du Québec se sont donné un gouvernement minoritaire. Une telle situation ne s'était pas vue depuis 1878, quand une grève générale avait brouillé le contexte politique. La capitale avait alors été paralysée pendant dix jours. Les grévistes harangués par des agitateurs venus d'Europe s'étaient mis en marche derrière le drapeau rouge. La troupe avait mis fin aux troubles à coups de sabre et de fusil. Retour sur cette page d'histoire.
La crise constitutionnelle
Le 2 mars 1878, ayant refusé l'adoption par le Parlement d'une loi sur le chemin de fer, le lieutenant-gouverneur Letellier de Saint-Just avait destitué le premier ministre de Boucherville, un conservateur. Le 8 mars suivant, Letellier avait appelé Henri-Gustave Joly, de l'opposition libérale, à former le cabinet. La situation devint intenable et des élections générales eurent lieu le 1er mai. Les conservateurs, maintenant dirigés par Joseph-Adolphe Chapleau, firent élire 32 députés, les libéraux 31. Restaient cependant deux conservateurs indépendants, qui se rallièrent aux libéraux. Letellier appela Joly à former le gouvernement. Furieux, les conservateurs parlèrent de crise constitutionnelle. Le 4 juin, les chroniqueurs parlementaires décrivirent l'ouverture houleuse de la quatrième législature, ceux de Québec dans les pages du Canadien, ceux de Montréal dans celles de La Minerve.
Grève, parades et fermeture de chantiers
À la crise politique vint s'ajouter une crise sociale d'envergure. Le jour même où s'ouvrait la joute parlementaire, des journaliers employés à la construction des nouveaux édifices du gouvernement s'unirent pour protester contre leurs «salaires de famine». L'entrepreneur Cimon, qui dirigeait les travaux, fut chassé du terrain sous une grêle de pierres. Le lendemain, les grévistes paradèrent dans les rues de Québec, empêchant les employés des travaux publics de vaquer à leurs occupations. Ils firent également cesser le travail au chantier du chemin de fer de la rue Saint-Jean.
Le 7 juin, une nouvelle parade se mit en branle en début d'après-midi, drapeau rouge et bleu en tête avec chansons de circonstance. Les ouvriers s'arrêtèrent aux bâtisses du parlement pour demander au premier ministre Joly d'être payés 1 $ par jour au lieu de 50 ¢. Au nom de l'entrepreneur, le premier ministre leur proposa une augmentation de 20 ¢, ce que les grévistes refusèrent.
Le soir du 9 juin, le premier ministre fut attaqué sur la rue après l'ajournement de la Chambre. Heureusement, il fut secouru par des amis. La rumeur courut que ses assaillants étaient issus du groupe des grévistes venus le voir au parlement deux jours plus tôt. [...]
Deux jours plus tard, les grévistes se réunirent en grand nombre. Après avoir écouté le discours d'un de leurs chefs, ils se mirent en marche. Au nombre de 700, ils visitèrent les usines du Chemin de fer de la Rive-Nord. Après une vive discussion avec le contremaître, ils se mirent à démolir les portes et les fenêtres de l'établissement.
Ils se rendirent ensuite à la fabrique d'allumettes Paré sur la rive de la rivière Saint-Charles. Ils fermèrent l'établissement en causant beaucoup de frayeur «aux filles» et aux autres employés. Ils firent de même au moulin Roche, dans le secteur de l'anse aux Foulons. Ils lancèrent des pierres à la police riveraine, blessant sérieusement cinq policiers. [...]
Durant la nuit du 12 juin, plusieurs navires furent remorqués du côté sud du Saint-Laurent pour être déchargés par les journaliers de Lévis. Au petit matin, des miliciens volontaires venus de Montréal commencèrent à débarquer pour prêter main-forte aux autorités. Sauf quelques exceptions, les manufactures de Québec demeuraient fermées.
Communistes parisiens et drapeau rouge
En matinée, 2000 grévistes étaient assemblés dans le quartier Saint-Roch. La Minerve rapporte une nouvelle surprenante: «Parmi les meneurs étaient plusieurs communistes parisiens. La populace a paradé dans les rues ce matin avec drapeau rouge en tête.»
Des citoyens alarmés firent chercher en vain le maire Robert Chambers pour qu'il proclame la loi sur l'émeute et autorise la troupe à disperser les séditieux. Finalement, la batterie B, seul corps militaire régulier de la capitale, fut dépêchée sur la scène des désordres. Sans proclamation de la loi de l'émeute, les militaires ne pouvaient pas utiliser les armes. Les soldats furent obligés de retraiter à la halle Jacques-Cartier sous une grêle de cailloux et de projectiles de toute sorte. Le capitaine Prévost et quelques soldats furent gravement blessés.
Le journaliste de La Minerve écrivit: «La populace s'est rendue maître de la ville et personne ne s'intéresse aujourd'hui à la politique.» La grève avait pris des proportions alarmantes. L'entrepreneur Cimon fit savoir qu'il se proposait d'intenter une poursuite contre la Ville de Québec parce que l'apathie des autorités ne l'avait pas protégé contre les émeutiers. Le Canadien, journal conservateur, trop occupé à dénoncer la crise politique, ignorait l'évolution de l'émeute.
Quittant Saint-Roch, les grévistes prirent la direction du port. Ils prirent d'assaut les magasins de M. Renaud, rue Saint-Paul. Ils s'emparèrent de 200 barils de farine. Toutes les voitures sur place furent réquisitionnées et les charretiers contraints de porter les barils dans les quartiers ouvriers.
Fusillade, charge au sabre et frayeur populaire
Au début de l'après-midi, les militaires prirent position sur la rue Saint-Paul, près des magasins Renaud. Le maire proclama enfin la loi de l'émeute. De nouveau la cible de pierres, les militaires ouvrirent le feu à 14h30. Ils commencèrent à tirer avec des cartouches à blanc, puis le colonel Strange commanda le feu avec de vraies balles. Au pied de la côte du Chien (côte Dambourgès), Édouard Beaudoire, de nationalité française, s'était penché pour ramasser une pierre. Le jeune homme reçut une balle qui lui fracassa le crâne. D'autres furent blessés. Plusieurs s'enfuirent, mais la foule des spectateurs demeura imposante.
À la Haute-Ville, le huitième bataillon des Voltigeurs reçut l'ordre de mettre les armes de l'arsenal en sûreté à la Citadelle. Les soldats de la batterie B prirent position autour du parlement afin de prévenir une attaque des émeutiers. La Minerve rapporta: «La ville est plongée dans le plus grand émoi. Plusieurs personnes de la rue Saint-Paul sont tombées malades de frayeur.»
Les émeutiers se regroupèrent, tentèrent sans succès de détruire le moulin Peters, puis montèrent en groupes à la Haute-Ville afin de s'en prendre à M. Cimon, qu'ils ne réussirent pas à trouver. La cavalerie accéda à la Haute-Ville par la côte de la Montagne afin de bloquer le chemin à la foule en colère. La charge fut donnée à grands coups de sabre. Plusieurs émeutiers furent blessés. [...] Après examen, un seul émeutier, nommé David Giroux, fut retenu captif.
Le maire de Québec pris en chasse
Peu avant 20h, une partie des émeutiers se présenta à la résidence du maire Chambers pour le rencontrer. Comme on leur en refusait l'entrée, les émeutiers défoncèrent la porte pendant que le maire se sauvait par la porte arrière. Une fois à l'intérieur, les intrus visitèrent la maison de la cave aux mansardes en proférant des menaces aux quelques occupants demeurés sur place.
Pendant que le maire Chambers fuyait, près de 4000 hommes se trouvaient réunis à la Basse-Ville. Des discours incendiaires furent prononcés. [...] Peu avant minuit, près de mille hommes se rendirent à la prison afin de demander la libération de David Giroux. Le geôlier refusa. Ils brisèrent les fenêtres avant de se retirer.
Le 13 juin au matin, des renforts montréalais débarquèrent sans opposition au port. Le commandement militaire prit les mesures nécessaires pour empêcher tout attroupement. [...]
Une réunion populaire eut lieu à la salle Jacques-Cartier. La Minerve rapporta: «Un Français, un communiste apparemment, lui a adressé la parole, disant à la foule qu'il fallait du pain ou du sang. Il conseilla la patience, cependant, en attendant le départ des troupes.» [...]
Émeute matée
Le 14 juin, La Minerve fit le bilan des événements de la veille en annonçant que l'émeute avait été matée: «Les grévistes sont maintenant tranquillisés et sont retournés à l'ouvrage.» [...] L'intervention musclée de six régiments armés avait réussi à vaincre la volonté séditieuse de la populace. [...]
À Paris, le journaliste Alexandre Delouche de la presse catholique réagit aux événements de Québec dans un article qui fut reproduit le 19 juillet dans La Minerve. Delouche dressa d'abord un bilan de l'action socialiste en Europe dans les premiers mois de 1878. Il fit un tableau de la situation en France: «Ici, nous chantons l'apothéose du travail, et la lave révolutionnaire menace de tout engloutir.» [...]
Il présenta la situation du Canada: «Enfin, pour abréger cette énumération aussi véridique que peu réjouissante, nous regardions le Canada comme une oasis morale au milieu du chaos universel; il nous semblait que le souffle empesté de la révolte sociale ne franchirait pas la rive droite du Saint-Laurent; mais l'illusion n'est plus permise; Québec a eu ses journées! "Pillant et démolissant", dit La Minerve de Montréal, "l'émeute a été maîtrisée de la ville et, pour la réprimer, il a fallu que le sang coule!"» [...]
L'émeute de Québec de 1878 mobilisa des centaines de policiers et des milliers de miliciens. Le premier ministre du Québec et le maire de la capitale furent physiquement menacés. Le travail et le capital s'opposèrent radicalement sur fond de crise politique. Des dommages considérables furent causés aux propriétés. L'émeute fut reléguée aux oubliettes de l'histoire. On ne parlera jamais des communards de Québec. Il n'y eut, semble-t-il, aucun procès, aucune répression, aucune déportation. Le Nouveau Monde se révéla plus tolérant que l'Ancien Monde.
mardi 22 juillet 2008
Les Bélugas du St-Laurent : 1/5
Littéralement décimée par l’homme, entre autres comme bouc émissaire de la baisse des stocks de poisson, cette population sans autre prédateur fait aujourd’hui face à d’autres menaces, dont certaines, comme la détérioration des milieux de vie et la pollution, touchent tout autant l’espèce humaine.
Je vous propose d’examiner plus en profondeur à travers ce dossier : les spécificités de l’animal, les menaces sur sa survie, des moyens d’actions à envisager et finalement, une perspective de réorientation de l’économie des communautés dépendantes des croisières aux baleines.
Notez bien que, par ce dossier, je n’affirme pas détenir « La » solution pour la sauvegarde de l’espèce et le développement des communautés. Je cherche tout au moins à faire une analyse de la situation et en amener des pistes pour rompre avec l’inaction.
N’hésitez pas à contribuer au sujet puisque ces textes pourraient faire l’objet d’une brochure.
mercredi 16 juillet 2008
"Profit et rentabilité" capitaliste contre conditions et dignité des travailleurs/euses
"1. ENCHÈRE INVERSÉE (ENCAN À L’ENVERS)
Explication d’un représentant syndical d’une PMO.
Encan à l’envers sur Internet : système adopté par Alcan pour saigner à blanc les PME de la région.
Qu’est-ce un encan à l’envers?
Le mot le dit bien, c’est l’envers du bon sens. C’est une nouvelle manière supposément moderne d’aller en appel d’offre. Tout d’abord, Alcan sélectionne certains fournisseurs, les informe sur le type de produit à soumissionner pour un contrat à long terme sur lesquels il faudra faire la mise et les invite à une date précise à s’enregistrer sur Internet pour participer en direct à cette forme d’encan. Les enjeux sont faussés en partant, puisque Alcan fixe le prix plancher (de départ) qui est généralement inférieur au prix actuel du marché. Certains fournisseurs, voulant avoir le contrat à tout prix par manque de commande, font baisser la mise, même si la rentabilité n’est pas au rendez-vous. D’autres le font à rabais pour démontrer dans un coup de marketing qu’ils sont très performants et très concurrentiels. Le seul véritable gagnant à court terme de cette machination infernale, c’est Alcan qui fait des économies sur le dos des fournisseurs régionaux.
À l’encontre d’une grande tradition d’affaire
En agissant de la sorte, Alcan va aussi à l’encontre d’une grande tradition d’affaire au Québec et reconnu dans le monde entier où le processus d’un appel d’offre est réalisé sous le signe de la confidentialité afin qu’aucun élément extérieur ne vienne interférer entre l’offre et le choix discrétionnaire par le client du meilleur fournisseur, tenant compte du prix, mais aussi de la qualité de l’offre. Les règles du jeu sont en train de changer complètement à Alcan depuis qu’ils adoptent graduellement l’encan à l’envers sur Internet pour faire soumissionner leurs fournisseurs qui sont aussi les PME de la région. Fini le partenariat et la croissance de fournisseurs faisant des efforts pour offrir des produits à un prix raisonnable et avec une qualité soutenue. Ce système, s’il est généralisé, conduira à la disparition de PME qui offrent des conditions de travail raisonnables à leurs employés(es), un bon programme de santé/sécurité, un système de qualité reconnu et une structure suffisamment solide pour assurer une fiabilité dans l’approvisionnement.
Comportement sans aucune éthique
Ce type d’encan va favoriser à court terme des fournisseurs qui veulent fabriquer pour Alcan à un prix toujours en deçà du prix du marché, mettant en péril la survie de leur entreprise à moyen et à long terme et éliminera graduellement les entreprises bien établies. L’encan à l’envers, c’est purement et simplement une exploitation à outrance de nos PME et un système dévalorisant qui s’inspire d’un comportement capitalisme débridé, sans aucune éthique, totalement inacceptable d’une multinationale qui profite allègrement de nos ressources régionales.
Nous devons créer un grand mouvement de protestation, impliquer différents organismes, afin de faire pression pour que cesse ce système régressif et de mouroir pour PME et qui aura des conséquences graves pour nos petites entreprises génératrices de bons emplois.
Problèmes syndicaux
L’encan à l’envers a comme conséquence de mettre en péril plusieurs PME régionales syndiquées, la perte d’emploi ou la diminution des conditions des travailleurs.
Exemple: Contrat de 800 000,00 $ (récupération) :
Coût de main-d’oeuvre (entreprise syndiquée de 25 personnes) : 920 400,00 $
Coût de main-d’œuvre (entreprise non-syndiquée de 25 personnes : 572 000,00 $
Il devient difficile pour une entreprise syndiquée de rivaliser.
Dans l’octroi de tels contrats, Alcan ferme les yeux sur des éléments (sécurité, qualité, etc.) et ne considère que le coût à court terme; l’entrepreneur ne peut expliquer sa stratégie, son expertise, etc.
Alcan est membre de Quadrem (USA) qui est composé des 21 plus grandes entreprises des secteurs minier, minéralogique et métallurgique. Le programme " Partner connect " permet de mettre en contact les acheteurs et fournisseurs.
Le discours public d’Alcan est contraire à la réalité; c’est le retour du capitalisme sauvage (américanisation). Fini le partenariat! Certaines entreprises vont participer à l’encan et soumissionner à perte pour mettre le pied chez Alcan.
Ceux qui écopent en première ligne, sont les travailleurs qui travaillent à petit salaire, sans sécurité d’emploi et dans des conditions de travail déplorables.
En 2002, une levée de bouclier de l’ACQ avait permis de mettre à jour les agissements d’Alcan; trois entrepreneurs ont refusé ce type d’enchère. Ça n’a pas duré.
L’encan à l’envers d’abord utilisé pour les contrats de construction s’est étendu au contrat annuel d’entreprises non spécialisées et depuis peu, aux entreprises spécialisées (ateliers d’usinage, etc.), ayant des contrats renouvelables depuis des années.
Une conséquence est la création d’entreprises " champignon " non-syndiquées qui font des affaires pendant 1 ou 2 ans et qui ferment leurs portes, ajoutant à la précarité des emplois régionaux.
Une autre conséquence à moyen terme est l’octroi de contrats à l’extérieur de la région.
Onze (11) contrats auraient été donnés selon l’enchère inversée en 2003 et Alcan veut augmenter le nombre à vingt (20) en 2004.
Selon le responsable des achats Alcan (Bruno Bouchard), c’est la nouvelle façon de faire face à la mondialisation. Pour lui, dix (10) PME naissent et s’éteignent chaque jour dans la région; on fait ce qu’on a à faire, dit-il, " arrangez-vous " ..."