dimanche 13 septembre 2009

La chasse est ouverte

Une campagne pernicieuse de l’Armée canadienne bat présentement son plein avec des millions de dollar de dépenses en publicité et en promotion pour améliorer son image. Vous avez sûrement déjà écouté les publicités orwelliennes ou vu les grandes pubs dans les abris bus. C’est que le ministère de la Défense en est à sa plus importante campagne de recrutement militaire depuis la 2e Guerre Mondiale. Au Saguenay, à St-Charles-de-Bourget en 2007, un « projet éducatif de valorisation de la carrière militaire » a même eu lieu dans une école primaire, où des militaires de l’armée canadienne ont tenu des activités inspirées de la formation militaire et d’appui aux troupes en Afghanistan.

Une campagne d’opposition au militarisme et au recrutement militaire avait fait plusieurs victoires dans les écoles du Saguenay pendant les années 2007 et 2008 grâce aux actions et à l’information de militant-e-s à l’affût. Certains établissements ont annulé la présence de recruteurs par crainte d’actions des étudiant-e-s. Cette opposition s’est fait dans un mouvement à l’échelle du Québec d’opposition au recrutement militaire dans les institutions scolaires et d’opposition à la guerre en Afghanistan et au militarisme.

Le recrutement militaire cible présentement les travailleurs et travailleuses que leurs entreprises ont licenciés dans leurs « restructurations » et délocalisations durant et avant la présente crise économique et les jeunes précaires, sans emplois, défavorisé-e-s et étudiant-e-s qui trouvent peu d’avenir dans leur région.

Un récent communiqué de presse de Carrefour jeunesse-emploi d’Alma :

Les activités reprennent au Carrefour jeunesse-emploi Lac-St-Jean Est

La rentrée scolaire a suscité des questionnements quant à votre avenir ?
2009-09-02 09:36 - Communiqué de presse

- / LBR.ca / - La rentrée scolaire a suscité des questionnements quant à votre avenir ? Vous envisagez plusieurs options et les forces armées canadiennes font partie de vos possibilités ? Notez à votre agenda mardi le 15 septembre à 13h30. Les responsables du centre de recrutement des Forces canadiennes se déplacent au Carrefour jeunesse-emploi Lac-St-Jean-Est pour rencontrer ceux et celles voulant plus d’explications sur la vie dans les forces, le processus de recrutement et les différentes possibilités de carrière.

Inscrivez-vous à cette activité en téléphonant au 418-668-0105 ou en vous présentant au 420 rue Collard, avant lundi le 14 septembre 16h30.

Bienvenue à tous !

Source : Claudia St-Pierre, conseillère d’orientation
Carrefour jeunesse-emploi Lac-Saint-Jean-Est
(418) 668-0105

Le recrutement militaire est encore d’actualité dans la région et il est possible de lui mettre "les bâtons dans les roues" dans votre coin. Pour en savoir plus sur le recrutement militaire en milieu scolaire, vous pouvez consulter le magazine Vents croisés. Contactez le Collectif pour plus d’informations et pour du matériel de contre-recrutement.

samedi 15 août 2009

Expérience de 2 résistants à la guerre américains

Deux membres de Four Star Anarchist Organization, une organisation communiste libertaire de Chicago, partagent leur expérience comme résistants à la guerre en engagement militaire à temps plein. Ce texte est une traduction francophone d'un récit trouvé sur leur blog.

Récemment, 2 membres de l’organisation Four Star Anarchist Organization (FSAO) ont été interviewés et publiés à propos de leurs expériences en tant que résistants à la guerre en engagement militaire à plein temps à la base de Fort Polk, en Louisiane, en 2004-2005.

L’entrevue a été publiée au http://www.truthout.org/080309T?n

Les membres de FSAO ont servi dans le 1/131 INF (infanterie) situé à Elgin, Illinois et ont commencé leur résistance active et ouverte à l’armée lorsqu’ils ont reçu mot, alors qu’ils étaient en déploiement actif en 2004-2005 à Fort Polk, que leur unité se préparait pour l’Irak. En Louisiane, leur emploi consistait principalement à entraîner les soldats et à participer à des simulations de guerre à grande échelle. Pour en apprendre davantage à propos de leur mission au Fort Polk, écoutez cette vidéo :
http://www.youtube.com/watch?v=DEfOpSSYBXQ

Les ex-soldats ont résisté en faisant individuellement des requêtes pour le statut d’objecteurs de conscience et pour décharge de difficultés (« hardship discharge »). En ce qui concerne l’action collective, ils ont activement fait de l’agitation et ont bâti de fortes relations avec les autres soldats enrôlés qui venaient de milieux de classe ouvrière. Par leur implication dévouée, les membres du FSAO ont encouragé un soldat à remplir la requête pour le statut d’objecteur de conscience (et fut plus tard déchargé du service militaire), et 4 autres à chercher à être déchargé par d’autres moyens.

Sur une base journalière, les militants ont pris part à l’agitation et l’information; qui inclut des graffitis sur les poster militaires de leurs casernes, la création de leurs propres affiches et tracts et des soirées cinéma où était visionné des films à contenu engagé. Plusieurs soldats ont activement affichés du matériel anti-guerre et anarchiste et ont été aussi loin que de refuser de le retirer.

À l’apogée du déploiement, les membres de FSAO ont lancé une campagne d’envoi postal aux sénateurs de l’Illinois, qui ont créé une enquête sur l’unité puisque les deux tiers des armes étaient catégorisées comme non fonctionnelles, et les soldats ne seraient pas capable de s’entraîner avec celles-ci avant leur déploiement. Le déploiement a été interrompu après 2 mois d’enquête menant à une victoire majeure pour les soldats anarchistes.

Continuant leur militantisme politique jusqu’à leur décharge après le déploiement en 2006, ces militants ont de plus influencé trois soldats à quitter l’armée à la date finale accordée dans leur engagement au lieu de se ré-enrôler pour un autre service militaire. Deux autres soldats ont changé d’unités militaires pour éviter la participation de leur unité au prochain déploiement en Afghanistan en 2008-2009.

Nous espérons que ces expériences servent de modèle et d’exemple de ce que la résistance collective peut amener.

mercredi 22 juillet 2009

La Gratuité scolaire pour vos enfants?


Rien de plus facile!


Plus nécessaire de mener d'incessantes luttes dans les CÉGEPs et les universités. Grâce à nos bien-faiteurs et bien-faitrices d'Ottawa, les enfants de soldat-e-s mort-e-s en Afghanistan auront désormais la gratuité scolaire à tous les niveaux, même l'université. (Source) Arrêtez d'attendre une job de qualité dans votre p'tit coin du Lac ou de la Côte-Nord, une carrière prometteuse vous attend. Peu importe vos ambitions et idées par rapport à l'Afghanistan, on dira de vous que vous avez été un ardent défenseur des droits humains, des femmes et de la démocratie à votre retour (en cercueil). Ah, ces valeureux héros qui quittent le monde des vivants, pour répandre les intérêts des multinationales à coup de mitrailleuses et abandonnent leurs femmes avec la charge des enfants. Tout ça pour un demain plus libre. God Bless Imperial Oil!


Sur une autre note, l'appui de la mission canadienne en Afghanistan serait de 15% au Québec par rapport à une opposition de 73%. Lisez à ce sujet Afghanistan - La mission canadienne impopulaire comme jamais dans Le Devoir.

mercredi 25 mars 2009

Conférence du Collectif Emma Goldman (Saguenay) à St-Félicien

Le 24 mars dernier, des militant(e)s du Collectif Emma Goldman (Saguenay) de l'Union Communiste Libertaire ont été invité(e)s à venir tenir des activités à St-Félicien, par des militant(e)s locales/aux intéressé(e)s au communisme libertaire. Le collectif a tenu un kiosque d'information durant le midi. En soirée, à 19 heure, 22 personnes sont venues à une conférence au cégep "Brisons les chaînes de l'oppression", dont quelques personnes de Roberval, annoncée dans l'école et dans le journal étudiant. La conférence a traité de l'UCL, de communisme libertaire, du collectif Emma Goldman et des principes du privé est politique et de l'éthique libertaire. La présentation semble avoir suscité un grand intérêt.

Un signe que l'anarchisme s'implante dans la région, petit à petit...
Vivà

dimanche 1 mars 2009

8 Mars: Journée Internationale de la lutte des Femmes, Marche à Chicoutimi

(Cliquez sur l'image pour la voir plus clair)

Le collectif Emma Goldman (Union Communiste Libertaire-Saguenay) vous invite à venir marcher à Chicoutimi le 8 mars prochain dans le cadre de la journée internationale des femmes. Le thème de la marche est «La clé de ma maternité: ma liberté de choisir!», pour une maison des naissances et la pratique des sage-femmes dans la région. Nous tenons à réaffirmer notre appui et nos encouragements au comité des jeunes féministes "Toujours Rebelles" 02, comité initiateur de la marche.

Le point de rencontre de la marche est à 15h00 dans le stationnement du complexe Sagamie, 930 rue Jacques-Cartier est, Chicoutimi(Stationnement gratuit).


mercredi 4 février 2009

Nouvelles de La Tuque, en Crise

Pour un bout de temps, je collaborerai au blog du Collectif de l'Union Communiste Libertaire au Saguenay. Ce texte sera une première contribution.

À La Tuque, on ne sent plus seulement le froid polaire de l’hiver et l’odeur lourde de l’usine de pâtes et papier à deux pas du centre-ville, les nouvelles de Smurfit-Stone, l’entreprise américaine qui est propriétaire de l’usine, semble échauffer bien des esprits, et avec raison. Le 15 janvier dernier, le Wall Street Journal a annoncé que Smurfit-Stone, plus grand propriétaire de forêts privées au Québec, aurait engagé un service de faillite et se dirigerait sous la protection de la faillite.[1] L’article ayant eu un certain écho dans la ville, le président de la compagnie avait alors refusé de confirmer ou d’infirmer la nouvelle. Le 26 du même mois, on apprenait de la bouche du chef de la direction que le recours à la loi de la faillite était bel et bien réel, et qu’il avait pour but de tenter une restructuration. Nécessaire aussi de noter que depuis 3 ans à la Smurfit-Stone de La Tuque, l’effectif de travailleurs et de travailleuses avait chuté de 30%.

L’usine de pâte et papiers de La Tuque, est le plus gros employeur en ville, employant à ce jour un peu moins de 500 employé(e)s. C’est aussi son principal moteur économique puisque beaucoup d’entreprises et de commerces subsistent grâce à l’usine et ses travailleurs/euses. Advenant une fermeture, les craintes sont grandes que ce pourrait être la fin annoncée de la ville haute-mauricienne. La chose aurait un effet domino, des millions de dollar sont impliqués et une centaine de fournisseurs locaux seraient affectés explique Marc Rochette.[2] Les dirigeant(e)s locaux/ales prennent pour l’instant la menace d’une fermeture avec beaucoup de légèreté, on s’en doute, pour ne pas causer d’affolements dans la population et une possible rupture de la paix sociale. Ils et elles préfèrent nous lire leurs chapelets sur la diversification économique, soit une bien belle idée, mais les gens ne sont pas dupes sur les réelles possibilités de développement. Alors que beaucoup d’emplois sont menacés, le personnel cadre a reçu son bonus annuel plutôt que prévu cette année. Le taux de chômage est déjà élevé dans la ville (10% selon le recensement de 2006 de Statistique Canada) et, avec la crise du bois d’oeuvre, les jeunes ont beaucoup de misère à se trouver un emploi stable en Haute-Mauricie.

En fin de semaine, j’avais entendu d’un de mes amis là-bas que l’armée tenait un entraînement militaire « humanitaire » dans la ville, comme la radio locale l’annonçait. Il avait d’ailleurs vu un tank sur roue en marche dans la rue en face de chez lui. Il m’a dit qu’une blague courrait dans la ville à l’effet qu’ils, les militaires, seraient là au cas où des émeutes éclataient à la suite d’une annonce de fermeture de l’usine ou d’un licenciement massif. En fait, après vérification en arrivant, j’ai découvert qu’il s’agissait en fait de 240 militaires du 12e Régiment blindé du Canada qui pratiquait un exercice de simulation de Sommet du G8 à La Tuque. On pouvait d’ailleurs lire dans Le Nouvelliste du 28 janvier : « Selon le capitaine Nault, ce type d'entraînement est nécessaire pour aguerrir les membres des Forces canadiennes en prévision d'opérations domestiques, c'est-à-dire, au Canada, et ce, en tous climats ».[3] Par coïncidence, le Canada est hôte de 3 événements politiques d’envergure internationale en 2010 : les Olympiques de Vancouver, le Sommet du G8 (Huntsville en Ontario) et un sommet du Partenariat pour la Sécurité et la Prospérité et des contre-sommets s’organisent contre chacun.



[1] « Smurfit Says Bankruptcy Is Possible Amid Crunch », Wall Street Journal, 15 janvier 2009, http://online.wsj.com/article/SB123197469101583315.html

[2] Marc Rochette, « Véritable krach à La Tuque », Le Nouvelliste, 30 janvier, http://www.cyberpresse.ca/le-nouvelliste/economie/200901/30/01-822434-veritable-krach-a-la-tuque.php

[3] Marc Rochette, « Un Sommet du G8 bien surveillé… à La Tuque ! », Le Nouvelliste, 28 janvier, http://www.cyberpresse.ca/le-nouvelliste/mauricie/200901/28/01-821652-un-sommet-du-g8-bien-surveille-a-la-tuque-.php

mardi 27 janvier 2009

Les omissions du président de Rabaska

Serge Genest, Québec, le 23 janvier 2009
Opinion parue dans Le Devoir du 26 janvier 2009

"Dans une longue lettre diffusée dans Le Devoir du 21 janvier, le nouveau président de Rabaska réagit aux propos publiés par les opposants au projet de port de transbordement, de stockage et d'acheminement du méthane qui doit être implanté à Lévis. M. L'Écuyer revient sur les mêmes arguments qui ont servi depuis le début pour forcer l'implantation de ce port méthanier sur le fleuve entre Lévis et Québec: besoin de fournir la consommation locale de gaz, le caractère «sensiblement moins polluant» du gaz naturel. Fort heureusement, il a abandonné le discours lénifiant de la création d'emplois et de retombées économiques mirobolantes qui a servi au départ pour tenter de légitimer l'implantation de ce complexe de transformation de GNL.

Le président de Rabaska omet toutefois de rappeler que, lors de la visite du représentant de Gazprom à Québec l'an dernier, ce dernier avait exprimé on ne peut plus clairement que c'était le marché étasunien qui était prioritairement visé avec les installations projetées à Lévis. Exit également le fait que ce relais prévu par des multinationales du gaz vise essentiellement à tirer le maximum de profits tout en rejetant les risques écologiques et sociaux là où l'on acceptera de servir de maillon à une telle entreprise. Rôle que la ville de Lévis, appuyée par le gouvernement «local» québécois, a accepté de jouer dans la plus pure tradition du rejet des risques et des coûts de production vers des républiques bananières, tel que cela a été mis au point depuis le début du XXe siècle. Malheureusement, la ville de Lévis est encore sous le coup de ce modèle économique d'un autre âge dont on constate les derniers hoquets: chantier Davie, raffinerie Ultramar et Rabaska."

Rio Tinto-Alcan et le capital en déroute

Lu sur La Commune :
Une nouvelle chronique que nous vous proposons, enfin que nous tenterons de produire de manière régulière, et qui aura pour thème l’analyse de la crise et ses effets sur les travailleurs-euses. Avec la crise à nos portes, malheureusement nous entendrons de plus en plus parler de restructuration, de pertes d’emplois, de licenciement technique et de précarité. Nous tenterons d’analyser à chaque chronique le cas d’une compagnie ou d’un exploiteur qui pour une raison ou une autre tente de maximiser son profit au détriment des travailleurs-euses du Québec. Nous ne nous proclamons pas comme des spécialistes de l’économie, mais bien comme des témoins de cette lutte sans relâche qui oppose le capital aux exploitéEs. Cette semaine le cas de Rio Tinto…

Rio Tinto-NYSE

L’hécatombe
On apprenait cette semaine, que le conglomérat Rio Tinto-Alcan licenciait les 220 employéEs de son usine d’électrolyse de Beauharnois. Une des raisons invoquées en plus de la chute du prix de l’aluminium, c’est la désuétude de l’usine de Beauharnois ouverte en 1943. Cette usine utilise la technologie Söderberg, qui sera éliminée de toutes les usines d'aluminium de première fusion au Québec d'ici 2015, conformément à la réglementation environnementale. « Ce n'est pas parce que les travailleurs ne sont pas bons: ils sont aussi bons que les autres, mais c'est malheureusement l'usine la plus désuète du groupe, avec les coûts de production les plus élevés », a dit le ministre du Développement économique du Québec, Raymond Bachand. (1).

Du côté de l’usine d’Alumine de Vaudreuil, on impose une réduction temporaire de la production de 25%, soit de 400 000 tonnes, ce qui leur permet de justifier le licenciement d’une cinquantaine d’employéEs.

À Jonquière, le Centre de produits cathodiques réduira ses activités liées à la production de carbone de 50%. Environ 17 personnes y perdront leur emploi. De manière grossière, la compagnie justifie ses pertes d’emplois par : « Les mesures d’austérité se traduiront par une réduction additionnelle de 6% de la production d'aluminium et d'alumine et la suppression d'environ 1100 postes à l'échelle mondiale ».

On peut se questionner sur la véracité du nombre de 1100 postes alors qu’en une semaine, ils ont annoncé le licenciement de 300 employéEs seulement au Québec, soit plus de 25% de leur estimation (2). Selon d’autres sources le bilan sera beaucoup plus catastrophique. Le Syndicat de travailleurs canadiens de l’automobile (TCA-Québec), annonçait, la même journée, quant à lui, que le gouvernement du Québec avait accepté la fermeture de 4 usines soit : Vaudreuil (800 emplois), Beauharnois (200 emplois), Shawinigan (600 emplois) et Arvida (650 emplois) (3).

Des licenciements indirects
Par ailleurs, en réunion, le 23 janvier, avec les dirigeants de Rio Tinto-Alcan, les 200 partenaires et sous-traitants Saguenéens, apprenaient qu’ils devront diminuer de 15% leur coût d’exploitation afin de freiner la baisse tendancielle du taux de profit de Rio Tinto. Pour la région, les nouvelles réductions de coûts exigées atteindraient plus de 150 millions de dollars, d'après certaines sources et un nombre encore non déterminé de mises à pied qui s’ajouteront aux licenciements directs annoncés (4). D’ailleurs la firme BPR-Bechtrel, une firme d’ingénierie Montréalaise, dont le principal client est Rio Tinto, devra licencier 330 employéEs au Québec, soit 36% de ses effectifs, suite à la décision de Rio Tinto de mettre sur la glace deux projets d'investissement totalisant plus de 1 G$ d’investissement. Les bureaux les plus touchés risquent d’être ceux du Saguenay (5).

Une baisse tendancielle du taux de profit?

Le secteur automobile est en crise et la construction est en chute libre. Ce sont deux des secteurs qui sont parmi les plus grands demandeurs d’aluminium dans le monde. Ainsi, depuis la deuxième moitié de 2008, le prix de l’aluminium a chuté de moitié en raison de la baisse de la demande. En contrepartie, la logique capitaliste étant à l’augmentation toujours croissante de la production, l’année 2008, fut une année record pour la surproduction d’aluminium au niveau mondial. Un niveau record de 1,3 millions de tonnes fut produit en surplus pour la seule année 2008. Pour la deuxième moitié de l’année 2008, il y a eu une légère augmentation de la demande de 3,1%, mais largement inférieure aux surplus qui ont augmenté quant à eux de 5,7%. Les analystes prévoit quant à eux une diminution de 2% de la demande pour 2009, tandis que les surplus devraient atteindre des niveaux records de 2 millions de tonnes!(6) Cette baisse tendancielle du taux de profit n’est donc qu’un reflet de la suraccumulation de marchandise de l’industrie de l’aluminium.

Une des solutions apportées par Alcan est un nouveau projet pour contrer la désuétude de ces usines qui ne produisent plus assez selon eux. Ces usines opèrent actuellement à profit et à des coûts de 15 % inférieurs à sa moyenne mondiale. Sa solution le projet AP-50, une usine-pilote dans laquelle Alcan s'est engagée en décembre 2006, à investir deux milliards sur une période de dix ans. En contrepartie, Québec a offert un prêt sans intérêt de 400 millions, a prolongé des contrats d'approvisionnement en électricité et a prolongé les droits d’Alcan sur la rivière Péribonka jusqu'en 2058. Un projet qui permettra de construire la cinquième aluminerie la moins coûteuse au Canada (7). Un projet qui aura pour seul but d’augmenter la production d’aluminium lorsque le prix de l’aluminium sur les marchés mondiaux reviendra à la normal.

Mais évidemment l’investissement de capitaux, donc de capital constant dans des installations, implique en contrepartie une diminution des coûts ailleurs, soit le capital variable, afin de maintenir le taux de profit. La seule façon possible est de maximiser l’exploitation des travailleurs tout en diminuant la masse salariale, dans ce cas-ci par des mises à pied massives. Ce qui accroitra encore plus la compétitivité des travailleurs-euses qui craindront maintenant de rejoindre leurs anciens collègues au chômage. Une logique implacable typique du capitalisme moderne en temps de crise, augmenter la plus-value, c'est-à-dire le profit retiré de la force productive des travailleur-euses, en licenciant et en fermant les usines moins productives. Bref, il s’agissait pour eux d’imposer un partage de la valeur ajoutée plus favorable au capital et plus défavorable au travail. Gageons que les conditions d’emploi seront les prochaines concessions que les travailleurs-euses d’Alcan devront faire face afin de « contrer la concurrence » des travailleurs-euses chinoiSes.

Notons au passage que les coûts serons épongé par un prêt sans intérêt par le gouvernement, en plus d’électricité à faible coût ce qui permettra encore plus aux pauvres actionnaires de maintenir leurs dividendes.

Dans cet effondrement du système financier, c’est évidemment les travailleurs-euses qui devront payer au nom du profit et des dividendes des grands capitalistes. L’histoire nous a montré que dans ces moments, l’intensification des luttes sociales peut mener à des bouleversements majeurs.

Solidarité avec touTes les travailleurs-euses des usines de Beauharnois, Vaudreuil et de Jonquière qui sont les nouvelles victimes du capital…

(1) source
(2)Presse canadienne
(3)CNW
(4) Radio-Canada
(5) source
(6) The Australian
(7) Le Devoir

jeudi 22 janvier 2009

Qu'est-ce que la propriété?

Lu sur Le blog flegmatique d'Anne Archet :

«C’est le vol», répondait Pierre-Joseph. «C’est la liberté», répond à peu près tout le monde cent soixante-dix ans plus tard.

Quant à moi, je dis bien humblement que la propriété, c’est la clôture.

Parmi les nombreux mensonges qui permettent le maintien de la domination du capital est l’idée que la propriété est synonyme de liberté. Ce fut le credo de la bourgeoisie triomphante lorsqu’elle se mit à couvrir le globe de clôtures et de barrières ― barrières physiques, barrières légales, barrières morales, sociales, raciales, militaires… bref, tous les dispositifs jugés nécessaires pour enclore les richesses spoliées du monde et ainsi s’assurer que les multitudes crasseuses et laborieuses n’y aient pas accès.

Nous sommes ces multitudes, nous qui nous nous faisons servir quotidiennement ce mensonge. Depuis que nos ancêtres ont été «délivrés de leurs chaînes» et de leurs terres, nous sommes libres de choisir entre crever de faim ou vendre notre vie et notre temps au premier maître disposé à les acheter. On nous qualifie de «main d’œuvre libre» puisque, contrairement au bétail, nos maîtres n’ont pas à se soucier de notre entretien et de notre survie ― notre force de travail étant la seule marchandise monnayable que nous détenons. On nous raconte que nous pouvons disposer de notre corps et de notre vie comme nous l’entendons, même si dans les faits l’essentiel de notre temps est consacré à assurer péniblement notre survie.

La propriété, nous dit-on, est un bien qu’on peut acheter avec de l’argent, ce qui signifie que la liberté réside dans ces objets et augmente avec leur accumulation. Dans la poursuite de cette liberté qui n’est jamais atteinte, nous nous enchaînons à des activités que nous n’avons pas choisies, abandonnant toute velléité de choisir par nous-mêmes dans le but de gagner l’argent qui est censé nous permettre d’acheter la liberté. Alors que notre vie se consume à petit feu au service de projets qui n’ont jamais été les nôtres, nous dilapidons notre salaire en jouets et en divertissements divers, en thérapies et en pilules ― les anesthésiques habituels qui nous empêchent d’apercevoir la vérité derrière le mensonge de la propriété.

Car la propriété, dans les faits, n’est pas l’objet qui est possédé, mais bien la barrière ― la barrière qui nous enferme, la barrière qui séquestre, toutes les clôtures, tous les murs érigés pour nous exclure de notre propre vie, pour faire en sorte qu’aucun individu sur terre ne pourra jamais se réaliser pleinement, ne pourra jamais aller au bout de ce qu’il peut.

Il faut comprendre la propriété comme une relation sociale entre les objets et des individus médiée par l’État et le marché. La propriété ne peut exister sans l’institution étatique qui concentre le pouvoir dans des institutions de domination; sans les lois, les armes, les flics, les tribunaux et les prisons, la propriété ne pourrait avoir aucune base, aucune réalité tangible.

On pourrait même dire que l’État est en lui-même l’institution de la propriété, car qu’est-ce que l’État sinon un réseau d’institutions par lesquelles un pouvoir s’exerce sur un territoire donné et qui font en sorte que les ressources sont contrôlées par la force des armes ? Toute propriété est ultimement propriété étatique puisqu’elle n’existe que sous la permission et la protection de l’État. Cette permission et cette protection peuvent être révoquées en tout temps et pour n’importe quelle raison, ce qui a pour conséquence de retourner la propriété à l’État. Je ne veux pas insinuer ici que l’État est plus puissant que le capital, mais plutôt que ces deux institutions sont si inextricablement liées qu’elles constituent un seul et unique ordre de domination et d’exploitation. Et la propriété est l’institution grâce à laquelle cet ordre exerce son pouvoir dans notre vie quotidienne en nous obligeant à travailler et à payer, ce qui lui permet de se maintenir et de se reproduire.

La propriété est donc le fil barbelé, l’étiquette de prix, le chien de garde, la caméra de sécurité, l’agent de police. Le message que tout ceci véhicule est limpide : on ne peut jouir de rien sans permission et cette permission ne peut être donnée que par l’État contre paiement en espèces sonnantes et trébuchantes. Dans ses conditions, comment se surprendre que le monde de la propriété, régi par le marché et l’État, est un monde appauvri où le manque et non la satisfaction domine l’existence. La poursuite de la liberté individuelle, bloquée à chaque détour par une clôture, y est remplacée par une compétition stérile et pour accumuler toujours plus d’objets parce que dans ce monde, la valeur de l’individu se mesure à la quantité de choses qu’il peut détenir.

Nous sommes tous enchaînés au monde froid et réifié de l’étiquette de prix.

S’attaquer aux objets détenus par les maîtres du monde ― faire éclater les vitrines des banques, incendier les voitures des flics, saboter la machinerie industrielle ― est certainement valable et légitime, ne serait-ce que pour le plaisir que de tels gestes procurent. Mais il faut aller plus loin, beaucoup plus loin, et s’attaquer à l’institution de la propriété : à chaque barrière physique, légale morale ou sociale. C’est à ce prix que nos désirs seront réalisés et que nous pourrons, un jour, nous réapproprier notre existence et enfin vivre selon nos propres termes.

mercredi 21 janvier 2009

L'humanité se cache la face et pleure en silence.


L’HUMANITÉ

Tu ne passeras pas, maudite gueuse. Regarde, derrière toi, les chemins que tu as parcourus ; partout la nuit, le malheur, la désolation. Les moissons sont détruites, les villes incendiées, et, dans les champs dévastés et dans les forêts abattues, pourrissent des monceaux de cadavres sur lesquels s’acharne le corbeau. Chacun de tes pas est marqué d’une fosse où dorment à jamais les meilleurs des enfants des hommes, et les grains de sable des routes, et les brins d’herbe des prairies, et les feuilles des arbres sont moins nombreux que tes victimes. Tu ne passeras pas.

LA GUERRE

Je passerai, vieille radoteuse, et tes sensibleries ne m’arrêteront point. Il faut que toute la terre s’éclaire à mon soleil de sang et qu’elle boive, jusqu’à la dernière goutte, l’amère rosée des larmes que je fais couler. Je pousserai sur elle le poitrail fumant de mes chevaux, et je la broierai sous les roues de mes chars. Tant qu’il existera non seulement deux peuples, mais deux hommes, je brandirai mon glaive, je soufflerai dans mes trompettes, et ils s’entretueront. Et mon corbeau s’engraissera dans les charniers.

Octave Mirbeau - La Guerre et l’Homme

mardi 20 janvier 2009

Rappel: 25 Janvier à Chicoutimi

Le 25 janvier à Chicoutimi, au Café Cambio(rue racine) aura lieu à 17h30 une assemblée publique de lancement du collectif Emma Goldman au Saguenay, membre de l'Union Communiste Libertaire. Il y aura aussi à l'occasion le lancement du livre "Sur les traces de l'anarchisme au Québec" avec son auteur, Mathieu Houle-Courcelles.

samedi 17 janvier 2009

Bulletin d'info libertaire

Bulletin d'info libertaire - Saguenay, produit et distribué à plus d'une centaine de copie sans monétariat. Concentré sur l'information locale, le bulletin traite des élections municipales à venir, de la création du collectif Emma Goldman et de la crise économique pour un public large. N'hésitez pas à laisser un courriel en commentaire (arobas changé par [at] pour ne pas recevoir de spams) pour recevoir le fichier pdf imprimable et photocopiable à volonté.
2009 au Saguenay
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vendredi 16 janvier 2009

Réactionnaire comme... Jean Tremblay

Les élections municipales au Saguenay auront lieu le 1er novembre 2009. Durant ce dernier mandat de Jean Tremblay, en plus d'avoir suscité à plusieurs reprises les médias nationaux pour ses propos fervemment catholiques et réactionnaires, plusieurs luttes au niveau municipal ont été entreprises dont une lutte contre la prière au conseil municipal et celle contre le mémoire sur les accommodements raisonnables signé au nom des gens de Saguenay. Le vidéo suivant présente le maire à l'émission de Richard Martineau le 15 octobre 2008 parlant contre le cour d'Éthique et culture religieuse.

http://ca.youtube.com/watch?v=i3XltAPa46c

mercredi 7 janvier 2009

Quelques pistes sur 2009 au Saguenay

Le Quotidien, Rocket Lavoie

Joyeuse année 2009!

Et oui, une autre année qui commence et y'a pas le choix de l'accepter, faut s'y faire. Une année qui s'annonce déjà parsemée d'activités et, ce message pour preuve. S'en ajoutera assurément davantage en cours de route, mais je profite de cet fin de répit des fêtes pour faire part de quelques trucs annoncés.

2009 sera une année électorale dans ville-Saguenay. Notre candidat vedette Jean Tremblay (voir ici les articles consacrés à lui sur ce blog), aurait vraisemblement l'assurance de se faire réélire si on peut en croire Carol Néron dans Le Quotidien. Et, bien que le Maire Tremblay assume le poste de Maire de la ville depuis 1997, époque Chicoutimi précédant les fusions municipales, notre éditorialiste bien propre aux idées du Quotidien y va, dans le même article, d'un "Chez nous, la démocratie se porte très bien merci. À observer ce qui se passe ailleurs dans le monde, disons que nous avons le droit de critiquer, mais en aucun cas, surtout, celui de nous plaindre." Et bien, peu sert de se plaindre, ce sera un temps idéal pour manifester notre désir d'un changement profond de ce qui peut subsister de "démocratie municipale" à Saguenay avec un maire aussi autocratique que monsieur Tremblay et d'amener sur la place publique des perspectives libertaires envisageables ici et maintenant.

D'autre part, 2009 verra aussi la création d'un collectif de l'Union Communiste Libertaire au Saguenay, le collectif Emma Goldman. L'UCL est une nouvelle organisation au Québec née d'une refondation de la Fédération des communistes libertaires du Nord-Est (NEFAC) et qui compte maintenant 7 collectifs dans la province : Sherbrooke, Montréal, Trois-Rivières, Drummondville, Québec, St-Jérôme et Saguenay. Au Saguenay, le Collectif de Résistance Anti-Capitaliste (CRAC) a pris la décision de prendre part à cette organisation anarcho-communiste québécoise. Je vous suggère de consulter leur blog au cours du mois de Janvier et des prochains afin d'être informé(e) des activités à venir ou de communiquer directement avec elles et eux via courrier électronique. Sans voler le punch, il y aurait entre autres au programme, deux assemblées publiques de lancement du collectif prévues vers la fin janvier et au début de février et une manifestation prévue dans les rues de la ville pour la Journée Internationale des Femmes, le 8 mars. Restez à l'affut pour être au courant!

Même si la confiance s'avère encore plutôt bonne, on sentira sans aucun doute les durs coups de la crise financière durant l'année. De crise causée par les ventrus du marché(lire riches propriétaires), le gouvernement tentera à coup sûr de refiler la facture aux travailleurs et travailleuses, fidèle au bon vieil adage: Socialisation des pertes et privatisation des gains! Les subventions que le gouvernement accorde à coup de milliards aux plus grandes entreprises industrielles pour quelques mois de fonctionnement devront être remboursées tôt ou tard, alors que selon les plans du premier sinistre Harper, les entreprises paieront de moins en moins de taxe. Pour la région, la crise sera encore plus dramatique puisque, des industries présentes, nous dépendons particulièrement des exportations vers les États-unis et ailleurs. De plus, le taux de chômage étant déjà plutôt élevé par rapport au reste du Québec, celui-ci s'élèvera certainement à des seuils critiques. On pouvait, au mois de décembre, voir la façon que la justice canadienne a traité la perception illégale par le gouvernement fédéral de 54 milliards de $ de l'argent des cotisations d'assurance-chômage. C'est carrément scandaleux! Et là-dessus, il sera définitivement nécessaire de s'organiser dans l'année qui commence pour faire entendre tout(e)s ceux et celles qui sont laissé(e)s sans voix dans ce cirque politique et capitaliste, où les puissants avares chercheront comme toujours à se faire du profit.

En 2007, les 100 PDGs les mieux payé(e)s au Canada ont reçu, en moyenne, une augmentation salariale de 22%, et vous?


Alors 2009 est là, on se revoit sur le terrain des luttes!

dimanche 4 janvier 2009

Palestine - Israël : information des Anarchistes contre le mur en zone de guerre

"dimanche 4 janvier 2009

(Traductions d’articles du site des anarchistes contre le mur et du blog de Ilan Shalif)

L’assaut le plus brutal d’Israël contre Gaza depuis 1967 - sous le nom de code “Opération Plomb Chargé” - qui a commence le samedi 27 décembre et a tué 250 palestiniens dès le premier jour, a rencontré une condamnation généralisée partout dans le monde, et des protestations en Israël aussi.

Vendredi 26 décembre. Les protestations avaient déjà commencé le jour précédent l’offensive aérienne israélienne « choc et crainte », quand des activistes ont manifesté dans le cœur de Tel Aviv, pour avertir contre l’escalade des menaces et l’appel à des pour-parler de paix avec les officiels démocratiquement élus de Gaza. Cette manifestation, appelée par la Coalition contre le siège de Gaza, a été virtuellement ignorée par les principaux médias israéliens.

Le samedi 27 décembre, alors que nous apprenions le carnage et la dévastation cause par les avions de guerre israéliens infligés au matin sur une population gazaouie assiégé et déjà souffrante, les activistes des Anarchistes contre le mur (ACM) ont rejoint une centaine de manifestants en colère dans une manifestations spontanée dans la ville de Jaffa (beaucoup d’habitants locaux ont de la famille dans la bande de Gaza, étant donné qu’une grande part de la population de Jaffa a été forcée de fuir vers Gaza en 1948)

Au même moment, des manifestations ont explosé dans une douzaine de villes et de village de Cisjordanie, ainsi qu’à Jérusalem est, la plupart du fait d’affrontements entre de jeunes Palestiniens et les troupes Israéliennes. Plus tard dans l’après-midi, les ACM ont participé avec des membres d’autres organisations, dans une marche de protestation de plus d’un millier de juifs et d’arabes dans les rues de Tel Aviv. Les manifestants ont mené une marché énergique et chargée d’émotion du square de la Cinémathèque jusqu’au ministère de la défense, en criant « l’occupation est du terrorisme » et portant des pancartes « les ministres israéliens sont des criminels de guerre ». En cours de route, les manifestants ont été attaqués sans raison par une Unité spéciale de patrouille soutenue par des membres de la police montée agressifs. D’autres affrontements ont eu lieu par la suite devant le Ministère de la défense, quand des anarchistes ont mis à bas la barrière de sécurité et ont essayé de bloqué la circulation sur la rue Kaplan. Six manifestants ont été arrêtés, qui ont ensuite été relachés par un juge le lendemain.

Le dimanche 28, alors que le nombre de morts à Gaza s’approchait de 300 pour le second jour de l’attaque israélienne, les activistes d’ACM ont rejoint une manifestation dans le village de Ni’ilin contre les crimes de guerre d’Israel à Gaza. Les forces israéliennes ont ouvert le feu sur les jeunes qui lançaient des pierres, tuant un des manifestants et en en laissant un second dans une situation critique. Arafat Rateb Khawaja, 22 ans, a été tué d’une balle tirée dans le dos, qui est mort dans l’après midi à l’hôpital de Ramallah. Mohammed Kasim Khawaja, 20 ans, a reçu une balle dans le front tirée à proximité, et est toujours dans un état de mort clinique à l’hôpital de Ramallah.

Le dimanche soir, ACM a pris part à une nouvelle manifestation survoltée dans le centre de Tel Aviv, où des douzaines de personnes ont appelé la population la fin des opérations militaires en cours à Gaza, et de l’occupation en général. Les protestataires portaient des pancartes disant « Intervention internationale maintenant » et « les Israéliens et les Palestiniens sont contre la guerre ».

Le Lundi 29, les funérailles à Ni’ilin ont été extrêmement chargées en émotion, puis suivies par une journée d’affrontement avec l’armée, alors que des centaines d’étudiants faisaient entendre leur opposition sur les campus de Tel Aviv, de Haifa et de Jerusalem - manifestations qui ont tous donné lieu à des d’affrontements avec la police et ou des contre-manifestants fascistes, ainsi que des arrestations violentes. Plus tard dans la journée, des manifestants se sont rassemblés devant l’Ambassade égyptienne de Tel Aviv, pour protester contre le silence et la collaboration égyptienne avec l’offensive israélienne. Les manifestants ont fait face à un extrêmement impressionant contingent de police anti émeutes et de gardes frontières qui, incités par la foule enflammée des passants, a utilisé une violence extrême pour disperser la manifestation. Six participants ont été arrêtés, tous des palestiniens citoyens israéliens.

Plus tard dans l’après-midi, des members d’ACM ont rejoin tune protestation d’arabes et d’israéliens contre les atrocités à Gaza qui avait lieu à Jaffa. Plusieurs centaines de personnes ont hissé des drapeaux palestiniens et ont lancé des slogans de solidarité avec la population de Gaza et de soutien à l’Intifada. L’évènement à culminé avec une marche bruyante et désordonnée dans les rues de Jaffa, bloquant parfois la circulation, qui s’est ensuite dispersée sans violence après une confrontation avec un fort contingent de renforts de police anti éméute et de gardes frontières.

Le mardi 30, une nouvelle manifestation enragée de quelques 200 personnes s’est ruée dans le centre de Tel Aviv. Malgré une forte présence policière, des œufs et des bouteilles vides ont été lancé sur les manifestants.

Le Vendredi 2 janvier, une vingtaine de membres d’ACM ont surpris les services de renseignements de la police en organisant à 6 heures du matin un « die in » à l’entrée de la base aérienne Sde Dov de Tel Aviv. Ils se sont allongés sur la route, feignants d’être morts en portant des combinaisons et des masques couverts de sang, devant l’entrée de cet aéroport où les pilotes se rendent pour prendre leur taxi aérien qui les amènera sur les bases aériennes. Au bout de 10 minutes, les 21 participants ont été arrêté. A la demande de la police, honteuse de n’avoir pu empêcher préventivement l’action, clamant que les personnes arrêtés mettaient en danger la paix en temps de guerre, le juge a ordonné de les maintenir en prison le temps du week end [et ainsi les empêcher de rejoindre les manifestations prévues ce week end ...]. Ayala, l’un des activistes : notre geste est destiné à « montrer aux pilotes de l’armée del’air israélienne le résultat de leurs actions à gaza. A des milliers de mètre d’altitude, le pilote qui cible puis appuie sur un bouton peut ignorer, oublier ou être incapable de comprendre qu’en ce faisant il tue des personnes innocentes. Nous sommes venus ici pour leur rappeler cela. » Depuis le début de cette guerre, les forces aériennes ont bombardé Gaza plus de 300 fois. Ils ont tué plus de 400 palestiniennes, des centaines de civils. Il est impossible d’être contre les bombardement de civils sur Sdérot en Israël sans être en même temps contre les tueries massives de civils à Gaza.

Les lois internationales de la guerre obligent d’éviter au maximum tout dommage contre les civils. Les bombardements de l’armée de l’air israélienne sur la bande de Gaza qui est très densément peuplée ne peuvent que toucher les civils, et sont des crimes de guerre. Chaque pilote qui bombarde Gaza bombarde une population civile et est un criminel de guerre.

(vidéo : http://www.youtube.com/watch?v=WpeC...)

A cause de trop nombreuses arrestations de vendredi matin, les autres membres d’ACM n’ont pu participer à la manifestation commune contre le mur de séparation seulement dans le village de Jayyous - où de très nombreuses grenades lacrymogènes ont été tirées, et à Bil’in - qui a encore été un champ d’expérimentation pour « les moyens de contrôle de foule de basse léthalité ». Ce vendredi à Bil’in, les forces de l’Etat ont fait un nouvel essai de leur machine à bruit et de nouveaux projectiles... il semblerait que leur principale tâche, en plus de ces expériences, était d’éviter de nouveaux cisaillement de la barrière de sécurité comme cela avait été le cas lors de la manifestation de dimanche contre la guerre à Gaza.

Pendant toute la semaine, nous avons distribué l’appel pour la démonstration de samedi au nom de la Coalition des organisations contre la guerre à Gaza, et dont les Anarchistes contre le mur sont partie prenante :

« Les massacres à Gaza continuent. Des centaines ont été tués, des milliers blessés, les attaques aériennes ont causé des dévastations totales et des familles entières sont maintenant laissées sans maisons. Les civils dans le sud d’Israel sont les otages d’un gouvernement qui leur ment et abuse d’eux. Les destructions et les morts à Gaza n’assureront par leur future, mais au contraire conduiront à plus de violence et de morts.

Rejoignez nous dans la manifestation de ce samedi, nous appelons :

Arrêt des massacres !

Non au siège de Gaza !

Stop the Killing ! No to the Siege ! Yes to life for both peoples !

Oui à la vie pour les deux peuples !

Dans ces journées sombres, nous tenons à notre message : les juifs et les arabes refusent d’être des ennemis !

Notre demande : une trêve complète et la levée du siège de Gaza MAINTENANT !

PS : depuis des dernières semaines, des arrestations massives ont été opérées parmi les citoyens palestiniens d’Israël qui ne faisaient qu’exercer leur droit démocratique de manifestation. Ce samedi, avant la manifestation de Tel Aviv, une rassemblement de protestation est appelé à Sakhnin par le Haut comité des arabes israéliens contre le massacre à Gaza. Merci de faire un effort pour le rejoindre. Votre présence est essentielle.

Le soir, après que la Haute Court ait interdit à la police d’interférer dans le contenu de la manifestation, des milliers de personnes ont convergé vers le square de la ville, y compris beaucoup de ceux qui participaient plus tôt à la manifestation de Sakhnin au nord. Quelques centaines de personnes ont participé au cortège anarchiste. Le cercle de tambour a constitué le centre de ce cortège tout le long de la manifestation. Les drapeaux, les bannières anarchistes ainsi que leur chants ont été la cible pendant toute la manifestation de militants de droite, qui ont échoué à causer des altercations."

Voir aussi :

Traduction du rapport sur l’assassinat à Ni’ilin pendant la manifestation de solidarité avec Gaza, le dimanche 26 décembre 2008, écrit pour l’association Droits de l’Homme Btselem par un membre des anarchistes contre le mur

Site Electronic Intifada (très riche en actualités et analyses sur la situation en Palestine)
Site des Anarchistes contre le Mur

Traduction par le site du Syndicat Interco Paris-Nord de la CNT-AIT