mercredi 30 avril 2008

Plutôt que le temps des cerises, le temps des touristes...

Oh oui, vous m'avez entendu! Quelle gloire à travailler encadré par des supérieurs pour le bonheur de touristes plein-les-poches qui viennent y enrichir les proprios, étrangers? Vivement le break avant le travail pour s'évader.

Je vous propose une brochure sur le travail dans les restaurants que je vous conseille fortement de lire. Comme description, il est écrit : "À 60 pages, À Bas les Restaurants est un guide illustré à la vie quotidienne des travailleurs de restaurants, leur misère, stress et aliénation, mais aussi comment ils luttent contre cette vie. S'appuyant de plusiers idées anti-capitalistes, et une grosse tranche d'expérience personelle, c'est moitié analyse, moitié appel aux armes."

lundi 28 avril 2008

Une situation dénoncée il y a bientôt 5 ans

Il y a 5 ans, en 2003, les étudiant-e-s du Cégep de Jonquière, qui produisait le Journal La pige, avait révélé au public les agissements de 2 policiers de la SQ, Richard Jean et Pierre Rousseau, particulièrement leurs méthodes très abusives de recherche "d'anarchistes". Voici un extrait du texte que Mélodie Tremblay avait alors publié sur le CMAQ.

Lu sur le CMAQ : "Selon une enquête de La Pige, deux agents de la Sûreté du Québec infiltreraient et harcèleraient des groupes syndicaux et populaires de la région, surtout depuis les événements du 11 septembre 2001.

« La première fois qu’il m’a téléphoné, c’était au syndicat, au mois de mars dernier. Il voulait connaître le nombre de professeurs qui allaient manifester à Québec », de se rappeler Pierre Demers, membre de l’exécutif du Syndicat du personnel enseignant du cégep de Jonquière (SPECJ). «L’agent Richard Jean, continue le rédacteur du journal syndical, a dit qu’il voulait connaître les allées et venues des manifestants pour les superviser ». L’agent enquêteur s’est alors comparé, rapporte le syndicaliste, à un météorologue qui mesure la température des groupes communautaires et des syndicats.

Chaque fois qu’il téléphone au local du syndicat, M. Jean affiche clairement sa volonté de connaître de long en large l’agenda militant des professeurs. « Nous ne sommes pas un groupe clandestin. Quand nous faisons des actions, nous les affichons » raconte le responsable du journal du SPECJ. « En plus, ça frôle l’état policier! », poursuit M. Demers. Par exemple, durant la campagne électorale, M. Demers a organisé une manifestation spontanée, le 25 mars, devant les bureaux de la candidate péquiste, Myrtha Laflamme, qui recevait, ce soir-là, le Premier ministre Bernard Landry. « Richard Jean était, lui aussi, sur place », se souvient M Demers. « Il m’a presque engueulé parce que je ne l’avais pas invité à notre manifestation. Il était frustré, car il a perdu sa crédibilité auprès des gardes du corps du PQ » conte M. Demers.

« L’agent enquêteur Richard Jean me talonne, confie le militant, de questions concernant les manifestations présentes et futures ». Les questions habituelles tournent autour des manifestants : Qui sera présent lors de ces événements? Combien de personnes vont participer à la manifestation? Où va se dérouler l’action? « M. Jean rentre dans nos vies, dans notre intimité! » condamne le syndicaliste. Homme très bavard, l’agent enquêteur Richard Jean a même invité, à maintes et maintes reprises, Pierre Demers à dîner, mais surtout pour construire des liens plus étroits. « Je lui ai dit que je ne dîne pas…j’ai perdu l’appétit…Depuis, je dîne en cachette!!! »

Pacifistes sous surveillance

Le SPECJ n’est pas la seule organisation à faire les frais des pressions d’un des deux agents enquêteurs de la région. Éric Dubois, employé de LASTUSE (Lieu d’action et de service travaillant dans l’unité avec les sans-emplois), a eu, plus souvent qu’à son tour, des appels de Richard Jean. « C’est depuis l’organisation de la Caravane sur l’Organisation mondiale du Commerce (OMC), en octobre 2001, qu’il cherche à prendre contact avec moi ». Cette caravane n’avait rien de bien menaçant : « des activités gentilles, des ateliers, des conférences…c’était un peu jojo, quoi! ». La raison énoncée par l’agent enquêteur pour s’approcher de la caravane : la menace anarchiste! « Je me souviens, confie M. Dubois, Richard Jean m’avait dit qu’il était là pour assurer notre sécurité contre les méchants anarchistes. Il nous disait, qu’en tant que groupe communautaire, nous devrions faire attention ». Surpris, l’organisateur communautaire a voulu connaître de quel ordre était cette menace. « Qu’est-ce qu’un anarchiste, lui ai–je demandé? » La réponse ne fut pas longue à arriver : « Des gens qui se promènent avec des drapeaux noirs et qui font de la casse ».

L’activiste, qui a aussi participé à plusieurs manifestations de désobéissance civile, affirme avoir connu d’autres expériences avec des agents enquêteurs, mais que « depuis le 11 septembre, c’est vraiment intensif ». Pour lui, il est certain qu’il y a un lien à faire entre le 11 septembre et la suspicion qui règne au gouvernement entourant les groupes populaires de contestation. « Le fait de faire un lien entre le terrorisme et nous est très frustrant. Nos actions sont très citoyennes et sont faites, déclare Éric Dubois, dans le cadre de la démocratie (…)C’est dangereux qu’on donne des sous pour la répression des mouvements de citoyens, comme si on était dangereux! ». M. Dubois, qui participe également au collectif Les Bleuets pour la paix, voit M. Jean partout. « Il vient à toutes nos marches ». Le pire, pour Éric Dubois, c’est que l’agent enquêteur le surveille. « Souvent, quand je sors du bureau, il est là. Je le croise souvent », précise le militant anti-mondialisation.

Et les organismes de coopération internationale

«J’imagine que j’étais sur une liste… » pense Véronique Frigon, agente au volet éducation et sensibilisation jeunesse du Centre de solidarité internationale du Saguenay-Lac-St-Jean (CSI), quand elle raconte comment l’agent enquêteur a pris contact avec elle. « Il m’a téléphoné directement, au CSI. Il m’a parlé personnellement. Celui-ci voulait tout savoir du Centre de solidarité internationale : son organisation, son plan d’action, ses membres », mentionne la déléguée du CSI au Forum social de Porto Alegre. Encore une fois, le prétexte invoqué pour légitimer cette demande : assurer la sécurité publique.

Ce qui offusque le plus Véronique Frigon, dans toute cette histoire, est que cet homme demande vigoureusement à garder confidentielle leur relation. « Le CSI est un organisme transparent. Nous œuvrons à l’international ce qui nous oblige à rendre des comptes publiquement. Ce qui me choque, c’est que Richard Jean insiste beaucoup sur le fait que c’est important de garder secret le fait qu’il vienne nous voir…parce qu’il est policier et que notre relation, avec lui, pourrait nous nuire ». Martine Bourgeois, directrice du CSI, ajoute : « Les gens sont mal à l’aise. Ils ne sont pas habitués à cette façon de faire. M. Jean insiste beaucoup sur la confidentialité, sur le caractère secret des relations. Il crée ainsi un climat de suspicion… L’enquêteur devrait le savoir : tout le monde se connaît, dans le communautaire, au Saguenay. Tout le monde se parle dans la région. Rien n’est caché ».

Assurer la sécurité en prévenant…

Interrogée sur les agents Richard Jean et Pierre Rousseau, la responsable des relations publiques de la Sûreté du Québec (SQ) déclare : « les agents enquêteurs font un travail particulier, explique Hélène Neptune. Ils enquêtent sur des gens qui ne sont pas accusés de poser des gestes illégaux et ce, à titre préventif. « Si le premier ministre reçoit une lettre de menace de quelqu’un de la région, il faut savoir qui est susceptible de faire une telle chose, continue l’agente aux affaires publiques. Il faut être en mesure de savoir où regarder et connaître les menaces potentielles. » C’est pourquoi il est important, pour la SQ, d’avoir une personne de référence, dans chacun des organismes, pour les renseigner, au besoin. Le caractère confidentiel, confirme Mme Nepton, est très présent dans les interventions des deux agents enquêteurs. « À titre préventif, ce qu’ils font n’est jamais public. Ainsi, on s’assure que les personnes-ressources et leurs organismes ne soient pas catalogués comme des criminels. »"

- Mélodie Tremblay, kretik@lavache.com
+ Voir aussi L'aut'journal qui avait publié un autre texte sur le sujet

dimanche 27 avril 2008

Révolte dans les prisons grecques

Lu dans le Centre de média indépendant de Nice :
"Le 24 avril, 23.30GMT Vers 1h30 du matin heure locale, une manifestation de plus de 120 motards arrivants à la prison de Diavata débute, à huit kilomètres en dehors de la ville de Thessalonique. Les manifestants et les prisonniers chantent des slogans ; les prisonniers brûlent des couvertures par les fenêtres.

C’est le lundi 23 au matin que les émeutes dans la prison de Malandrino en Fokida commencent. L’étincelle qui met le feu ; la révolte de l’anarchiste Yiannis Dimitrakis et la violente réponse des gardes aux protestations sur ces codétenus.

Les conditions humiliantes, le manque d’eau, les coups réguliers, la surveillance électronique et le temps très courts accordés à la cour sont une triste réalité pour les prisonniers de Malandrino.

La révolte de Malandrino a allumé une série d’autres révoltes dans les prisons du pays : il y a maintenant des troubles dans au moins onze prisons. Les dernières informations (12.30GMT, 25 avril) indiquent que la police anti-émeute a pénétré dans deux prisons (Korydallos à Athènes et Patras). 250 prisonniers sont sur les toits de la prison de Malandrino, et 50 sur ceux de Corfu et Alicarnassos.


Le 25, 12.05GMT La nuit passée l’État grec prétendait avoir “rétabli l’ordre partout” Des unités de MAT (police anti-émeute) entrent dans les prisons de Korydallos (Athènes) et de Patras. Il admet enfin qu’au moins 250 prisonniers se tiennent toujours sur le toit de la prison de Malandrino. Au moins 50 prisonniers se tiennent également toujours sur les toits de la prison de Corfu et d’Alicarnassos. Des manifestations de solidarité ont lieu à travers le pays.

Le 26 avril, 10.33GMT Dans la prison de Korydallos à Athènes les prisonniers anarchistes Nikos Kountardas et Vasilis Stergiou ont été placés tous deux en quartier d’isolement après la révolte.

Le 26 avril, 10.43GMT Près de 250 prisonniers ont passé la nuit sur le toit de la prison de Malandrino, faisant face à une forte pluie et au froid. Ils n’ont aucun accès à de la nourriture ou à de l’eau pour le troisième jour consécutif. La police anti-émeute est à l’intérieur et autour du bâtiment. Il n’est pas clair si ils comptent donner l’assaut aux toits ce matin ou attendre que les révoltés soient épuisés.

Le 26 avril, 21.30GMT Selon le ministère de la justice, les prisonniers de Malandrino ont rejoint maintenant leur cellule et ainsi finit la révolte de trois jours.

Le 26 avril, 20.45GMT Le commissariat de police, étroitement gardé, du quartier d’Exarcheia est attaqué. En solidarité avec les prisonniers révoltés dans le pays, 40 à 50 personnes attaquent et brûlent le bâtiment et au moins sept voitures de police ainsi que des motos. Un autre groupe a attaqué aux cocktails molotov le centre névralgique de la police anti-émeute dans le quartier de Zografou à Athènes. Le jour précédent, une série d’attaques dans le quartier d’Exarcheia ont eu lieu. Deux bureaux de ministre ont été attaqués dont celui du ministre de la justice."

Le galérien (Maurice Druon)

"Je m'souviens, ma mèr' m'aimait
Et je suis aux galères,
Je m'souviens ma mèr' disait
Mais je n'ai pas cru ma mère

Ne traîn' pas dans les ruisseaux
T'bats pas comme un sauvage
T'amuses pas comm' les oiseaux
Ell' me disait d'être sage

J'ai pas tué, j'ai pas volé
J'voulais courir la chance
J'ai pas tué, j'ai pas volé
J'voulais qu'chaqu' jour soit dimanche

Je m'souviens ma mèr' pleurait
Dès qu'je passais la porte
Je m'souviens comme ell'pleurait
Ell' voulait pas que je sorte

Toujours, toujours ell' disait
T'en vas pas chez les filles
Fais donc pas toujours c'qui t'plait
Dans les prisons y a des grilles

Un jour les soldats du roi
T'emmen'ront aux galères
Tu t'en iras trois par trois
Comme ils ont emmn'nés ton père

Tu auras la têt' rasée
On te mettra des chaînes
T'en auras les reins brisés
Et moi j'en mourrai de peine

Toujours, toujours tu ram'ras
Quand tu s'ras aux galères
Toujours toujours tu ram'ras
Tu pens'ras p't'ètre à ta mère

J'ai pas tué, j'ai pas volé
Mais j'ai pas cru ma mère
Et je m'souviens qu'ell' m'aimait
Pendant qu'je rame aux galères."
- Maurice Druon et Léo Poll, 1942

samedi 26 avril 2008

Rappel : Le FSR02 s’en vient !

Je dois rappeler que du 2 au 4 mai 2008, au Cégep de Chicoutimi, se tiendra le Forum Social Régional du Saguenay-Lac-Saint-Jean. L’horaire des activités est maintenant en ligne à cette adresse. Je vous invite fortement à participer à l’événement qui comptera une foule d’ateliers de discussion, de conférences, table rondes, kiosques, expositions et spectacles. Voici dix activités qui ont retenus mon attention :

- « Non à la privatisation des soins de santé », 2h [#11 salle polyvalente, Vendredi 14h00], Conférence de Martine Côté

- « Partenariat nord-américain pour la sécurité et la prospérité (PSP) », 2h [#7 salle polyvalente, samedi 9h], Conférence de Dany Harvey

- « Perspectives étudiantes : gratuité scolaire et syndicalisme de combat », 2h [#15 salle polyvalente, samedi 9h], Conférence du Rassemblement pour la Gratuité scolaire-UQAC

- « Brisons les chaînes de l’oppression ! », 2h [#8 salle polyvalente, samedi 10h et #7 salle polyvalente, dimanche 9h], Conférence par la Fédération des communistes libertaires du nord-est

- « Vers un collectif de féministes radicales au Saguenay », 2h [#12 salle multimedia, samedi 10h, non-mixte], Atelier de discussion par l’Association des étudiant-e-s en maîtrise en études et interventions régionales

- « La guerre en Afghanistan : Pourquoi et comment se mobiliser ? », 2h [#15 salle polyvalente, samedi 11h], Conférence du Collectif de Résistance Anti-Capitaliste (CRAC)

- « Mobilisation citoyenne régionale contre la guerre », 2h [#2 salle multimédia, samedi 13h], Atelier de discussion par Gilbert Talbot

- « Appel à la résistance ! Pourquoi est-il nécessaire de s’organiser sur des bases anticapitalistes », 2h [#7 salle polyvalente, samedi 14h], Atelier de discussion du CRAC

- « Géopolitique de l’impérialisme : les guerres économiques et militaires sur la planète », 2h [#9 salle polyvalente, samedi 15h], Conférence de Gauche Socialiste

- « La commune, le hameau, le village écologique, …un mode de vie », 2h [#8 salle polyvalente, dimanche 9h], Table ronde par Dominic Létourneau


Au plaisir de peut-être s’y voir !

vendredi 25 avril 2008

Révolte de confiance (Genr'radical)

Révolte de confiance [ Maude Marcaurelle ]

"Que ce soit nos pères qui l'aient souillée
Ou des amants qui l'aient brimée
C'est la course pour la retrouver
Vaincre une estime fragilisée

Que ce soit une blessure de violence
Ou un grand complexe d'apparence
Y a trop de femmes en souffrance
Sous le joug d'un système d'efficience
(refrain)

Moi la confiance je veux pas l'acheter
Même si je pouvais me la procurer
Sur le marché du capital
Qui vend l'image de femme fatale

Libérons-nous des chaînes sociales
De ces contraintes patriarcales
En apprenant à s'affirmer
À être soi-même, à se révolter

On la cherche dans l'amour romantique
Ou dans la perfection physique
Dans le discours le plus politique
Pour se prouver qu'on est idolâtrique

Mais toute forme de compétition
Mène à notre propre destruction
Cherchons plutôt à faire union
De nos talents, nos créations
(refrain)

À toutes les femmes du monde entier
Celles qui se font exciser
Mutiler, violer, assassiner
Sous le contrôle d'un phallus bandé

À toutes les personnes qui s'isolent
Qui veulent ressembler à leurs idoles
Celles qui sont soumises à leurs rôles
Je vous convie à la révolte
(refrain) "

- Paroles et musique de Genr'radical

mercredi 23 avril 2008

Le Cégep de Bois-de-Boulogne tente d’annuler un atelier en solidarité avec les luttes contre l’apartheid israélien

Lu sur le CMAQ : Montréal, le 21 avril 2008 – Le Comité d’actions pour la lutte étudiante boulonnaise (CALEB) dénonce les tentatives de l’administration du cégep d’annuler un atelier en solidarité avec les luttes sociales contre l’apartheid israélien. Cet atelier visait à informer la population étudiante concernant la situation palestinienne et à créer un débat sur la question, dans le cadre d’une tournée de sensibilisation organisée par le collectif Tadamon ! et l’Association pour une Solidarité Syndicale Étudiante (ASSÉ). L’administration du Cégep de Bois-de-Boulogne n’aura toutefois pu empêcher la tenue de l’événement, qui a eu lieu à l’extérieur du cégep dès midi, rassemblant plus de soixante personnes.

Malgré le fait que l’atelier ait été annoncé il y a plus de deux semaines, ce n’est que mercredi passé que l’administration du Cégep Bois-de-Boulogne a manifesté son intention d’interdire la tenue de l’événement. Les raisons évoquées étaient que l’événement en solidarité avec le peuple palestinien se tenait le même jour que la Pâques juive, et qu’aucun-e invité-e ne représentait le point de vue pro-apartheid. Le CALEB dénonce d’abord l’ingérence administrative dans les activités sociopolitiques étudiantes, mais aussi la réduction du conflit à des dynamiques religieuses : en effet, les organisateurs et organisatrices dénoncent l’équation assimilant l’État d’Israël à la religion juive. Ceux et celles-ci ont par ailleurs obtenu l’appui de la Alliance of Concerned Jewish Canadians, qui regroupe des individus juifs critiques des politiques israéliennes.

La conférence a eu lieu malgré les menaces administratives, et a rassemblé plus de soixante personnes. Le CALEB désire dénoncer la diffamation dont a été l’objet le collectif Tadamon !, suite à de fausses informations. « L’administration a non seulement le culot de prétendre qu’on ne peut parler de l’apartheid israélien, mais elle va jusqu’à diffamer nos invité-e-s. Ce genre d’attitude est irresponsable et méprise la liberté des étudiants et étudiantes de débattre de sujets qui leur tiennent à coeur » s’insurge Arnaud Theurillat-Cloutier, représentant du CALEB. Notons aussi que le directeur des études et des services aux étudiants, M. Maurice Senneville, a menacé le CALEB d’interdire tout débat à saveur politique sur le campus si le moindre incident se produisait.

Tadamon ! est un collectif luttant pour la justice sociale partout dans le monde et n’appuie aucun parti politique. Le collectif, dont le nom signifie « solidarité » en arabe, participe activement à une campagne de boycott, désinvestissement et sanction envers l’apartheid israélien suite à l’appel lancé par la société civile palestinienne. Tadamon ! effectue une série d’ateliers dans les cégeps et universités du Québec concernant cette campagne. Le collectif a aussi obtenu l’appui de la Fédération nationale des enseignants et enseignantes du Québec (FNEEQ-CSN), du Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes (STTP) et de l’ASSÉ dans le cadre de cette campagne.

Le CALEB a invité Tadamon ! pour discuter de l’apartheid israélien et des différents moyens de lutte en solidarité avec le peuple palestinien au Québec. Cet atelier s’inscrit dans le cadre d’une tournée qui aura lieu dans plusieurs cégeps et universités membres de l’ASSÉ au cours des prochains mois. Depuis octobre 2007, l’ASSÉ travaille en collaboration avec Tadamon ! pour informer la population étudiante sur la campagne de boycott, désinvestissement et sanctions contre l’apartheid israélien. Cette action s’inscrit en toute cohérence avec les principes pro-palestiniens et de solidarité avec les luttes sociales internationales de l’association étudiante nationale. Une manifestation aura lieu à ce sujet le 10 mai prochain, à 13h (départ du Square Dorchester).

Le CALEB a obtenu l’appui de la FNEEQ-CSN dans ses démarches.
Organisations signataires :- Comité d’actions pour la lutte étudiante boulonnaise (CALEB)- Association pour une Solidarité Syndicale Étudiante (ASSÉ)- Tadamon !
Le CALEB, l’ASSÉ et Tadamon ! Montréal vous invitent donc à faire parvenir des lettres à l’administration du Cégep de Bois-de-Boulogne pour faire valoir votre désaccord face à la décision de l’administration.

Faites parvenir vos lettres à :
M. Maurice Senneville, Directeur des Études et des Services aux étudiants et au Service des communications du Collège de Bois-de-Boulogne
M. Maurice Senneville :
- Téléphone : (514) 332-3000, poste 7401- Courriel : maurice.senneville@bdeb.qc.ca
Service des communications :
- Téléphone : (514) 332-3000, poste 6010- Courriel : communications@bdeb.qc.ca- Fax : (514) 332-5857
Envoyez également votre lettre en copie conforme à l’Association générale étudiante du Collège de Bois-de-Boulogne (AGEBdeB) à age@age.bdeb.qc.ca

Si vous désirez que votre lettre soit rendue publique, vous également en faire parvenir une copie à tadamon@resist.ca


Renseignements :
Arnaud Theurillat-Cloutier, représentant du CALEB, (514) 883-9221
Hubert Gendron-Blais, secrétaire aux communications de l’ASSÉ (514) 390-8415

Collectif Tadamon !, (514) 998-7243 ou (514) 664-1036
Tadamon ! : http://tadamon.resist.ca
tadamon@resist.ca/

Bureau de l’ASSÉ : (514) 390-0110
Site Internet : http://www.asse-solidarite.qc.ca/

À DÉNONCER: les réactionnaires!

J'ai hier tombé par hazard sur la rediffusion 23h30 de L'avocat du diable à TQS, et été particulièrement aterré par le sujet sur lequel on invitait les téléspectateurs/trices à appeler. "La police doit-elle faire appel à l'armée canadienne pour défendre les rues?", voici la question qui était présenté en lien avec les actes émeutiers qui ont été commis durant les célébrations de la victoire des canadiens à Montréal. L'exagération était au rendez-vous, l'avocat présentant presque la situation comme un état de siège en affirmant que les policiers n'ont pas les moyens nécessaires pour faire face à de telles situations. Absollument abérant comment les réactionnaires peuvent teinter l'opinion publique en nous présentant des choses aussi absurdes. L'armée pour des commerçants qui se font casser leurs vitrines. Je n'ai pas écouté les appels. Pour en rajouter davantage, le sujet d'aujourd'hui est "Saccage : les policiers méritaient-ils des félicitations ?"

Allez chercher pourquoi les médias dominants s'attardent à de telles questions plutôt que celles qui nous sont vraiment importantes...

mardi 22 avril 2008

Conflit au Journal de Québec: David toujours debout

Lu sur Voix de faits :
"Les lockoutéEs du Journal de Québec ont préparé un véritable feu d'artifice pour souligner le premier anniversaire du début de leur lutte. Édition spéciale du Média Matin Québec, grande manifestation, nouveau moyen de pression, relance médiatique, etc.

Ce matin, une édition spéciale du Média Matin Québec a vu le jour. Publié sur 56 pages et diffusé à 70 000 copies, deux records, le journal revient sur le conflit le plus long à survenir à ce jour dans un quotidien francophone au Canada. La parole est donnée au lockoutéEs, qui parlent avec fierté de ce qu'ils et elles ont réussi à faire, mais fait aussi le tour des alliéEs (comme Lise Payette qui signe une chronique) et divers intervenants régionaux (à noter la page blanche consacrée à l'entrevue que les lockoutéEs n'ont pas obtenue avec le maire de Québec! alors qu'à peu près tout ce que le Québec compte de politicienNE s'est prêté au jeu...). (Par ici pour un pdf)

Par ailleurs, une grande manifestation --la deuxième-- se tiendra aujourd'hui dans Vanier face aux locaux du Journal de Scabec. Fait à noter, les lockoutéEs ne seront pas seuls. Plusieurs délégations syndicales sont attendues, dont celle de la rédaction du Journal de Montréal, pourtant syndiquée chez la «concurrence» (à la CSN). Il y a fort à parier que les lockoutéEs se feront également voir à Montréal, dans quelques jours, à la tête des cortèges syndicaux du premier mai (qui sera souligné... le 3!).

Notons aussi que, depuis quelques jours, les lockoutéEs ont sortis un nouveau moyen de pression de leur chapeau. En effet, ils et elles expérimentent avec les manifs mobiles. Concrètement, les lockoutéEs dressent maintenant des lignes de piquetage devant les conférences de presse les plus importantes de la région pour tenter d'empêcher des scabs de faire leur travail à leur place. Voilà qui devrait secouer un peu le «confort et l'indifférence» des acteurs régionaux face à un conflit qui s'enlise.

Ce feu d'artifice a permis une relance médiatique du conflit. Articles et dossiers dans Le Devoir, Le Soleil, entrevues à Radio-Canada, etc. Jusque Libération, à Paris, qui consacre une page au conflit (un pdf ici). Dur de dire si tout cela affectera réellement Quebecor mais, une chose est sure, David est toujours debout."

samedi 19 avril 2008

1965

« "Cocktail Molotov" lancé à Alma : un adolescent détenu. La police détient à Alma un adolescent de quinze ans, relativement à une tentative de destruction du quartier général de la police au moyen d'un "cocktail Molotov", et à l'incendie d'une auto-patrouille.

Le "cocktail Molotov" avait été lancé, dans la nuit de jeudi, à travers la fenêtre d'un bureau inoccupé du quartier général de la police ; il n'a pas explosé. Quelques heures plus tard, un jeune homme prenait la fuite après avoir déposé des chiffons de papier imbibés d'huile sous le réservoir à essence d'une auto de police, près de l'hôtel de ville. Le papier, heureusement, s'est consumé avant que l'explosion ne se produise et l'auto n'a pas été endommagée. L'adolescent qu'on croit responsable de ces actes criminels a été arrêté dans la nuit de vendredi ; il a déclaré être membre de "La jeunesse libératrice du Québec", mouvement dont plusieurs personnes se réclament auprès de la police, qui reçoit depuis un an nombre de coups de téléphone anonymes qui sont autant de menaces d'actes de violence. » ( La Presse , 20 avril 1965)

Certains se souviennent peut-être de cette époque, qui se termina par une sévère répression et des arrestations de masse. Le 16 octobre 1970, l'État de siège était déclaré au Québec et l'armée canadienne envahissait la province. Force est de reconnaître, même si l'on ne supporte pas le nationalisme, qu'une forte lutte fut menée et qu'une diversité de moyen fut utilisée jusqu'à la crise. Il y aurait eu des camps d'entrainement à la guérilla qui aurait été tenus au Lac Saint-Jean et à Sept-Iles.

jeudi 17 avril 2008

À venir : Virer Québec à l'envers

Je profite de ce message pour livrer deux plugs pour Québec: l'une pour la Convergence de L'Autre 400e qui fait sa soirée de lancement le 24 avril et l'autre pour Le Camp des 4 « SANS », campement de mal-logés organisé par le Front d'action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) qui se déroulera à partir du 26 juin, en plein coeur de la ville.


Soirée de lancement de la Convergence de L'Autre 400e


"La convergence de L’Autre 400e de Québec vous invite à sa soirée de lancement : le jeudi 24 avril 2008, au pub L’Échouerie, à 19h30.

La soirée de lancement sera l’occasion de présenter les principes de la convergence, les différentes actions proposées actuellement dans le cadre de L’Autre 400e de Québec et les différents volets de la convergence (contre-événements, réappropriation de l'espace, culturel et informations).

Venez passer la soirée avec nous, connaître les groupes et les personnes qui font partie de la convergence, échangez des idées et des propositions d’actions. Ambiance musicale et militante dès 19h30 au pub L’Échouerie."

Source: L'Autre 400e
Manifeste de la Convergence

Le Camp des 4 « SANS », à partir du 26 juin

"400 ans après la construction de « l'Abitation » par Champlain, le besoin de logement est toujours là!

Dans le cadre des Fêtes du 400e de Québec, le FRAPRU établira à partir du 26 juin un camp de mal-logéEs au coeur de Québec. Le Camp des 4 « SANS », pour les « SANS TOIT », les « SANS L'SOU », les « SANS DROIT » et les « SANS VOIX », vise à rappeler rappeler le besoin d'investissement en logement social."

Source: FRAPRU

mardi 15 avril 2008

OTAN hors d'Afghanistan !

"L'Etat français a choisi l'escalade militaire en Afghanistan. Non seulement ilaugmente les effectifs sur le terrain qui vont passer à 2 700 soldats cet étécontre 1 700 aujourd'hui, mais il envoi un bataillon de 700 soldats dans une zone de combats beaucoup plus intenses que la région de Kaboul où se concentreactuellement l'essentiel du corps expéditionnaire français.

Pourquoi Sarkozy a-t-il pris cette décision ?

Ce n'est certainement pas à la demande du peuple afghan qui dans sa majoritésouhaite le départ des troupes d'occupation. Ce n'est pas non plus pour défendredes libertés démocratiques inexistantes. Le gouvernement afghan est constitué de «seigneurs de la guerre » qui se disputent le gâteau de l'aide internationale etprélèvent leur part sur les trafics de toutes sortes. Tous les arguments qui sontinvoqués officiellement pour justifier la présence militaire occidentale sont des mensonges grossiers. Il en va ainsi de l'argument de la défense du droit des femmes brandi par les partisans du « droit d'ingérence humanitaire ». Pour les Afghanes le bilan de l'occupation est tragique : 88 % d'illettrisme chez les femmes, 60 % demariages forcés, une femme sur neuf meurt des suites de l'accouchement.Aujourd'hui, l'Afghanistan est le seul pays au monde où le taux de suicide desfemmes est supérieur à celui des hommes. Comme il en va pour les promesses dedéveloppement économique qui n'ont pas été tenues. Le seul secteur qui prospère estcelui de la production d'opium et de sa transformation en héroïne. Sarkozy n'a bien sûr pas pensé un seul instant aux Afghans et aux Afghanes en prenant cettedécision.

Pour lui la seule chose qui compte c'est l'osmose avec la politique guerrière de Bush dont il partage le rêve d'une hégémonie de l'occident sur la planète et sesressources. Hier c'était la mise en oeuvre d'une ligne dure contre l'Iran,aujourd'hui c'est l'envoi de renfort dans le bourbier afghan, demain ça sera peutêtre la réintégration complète dans l'Otan.

Alternative libertaire demande le retrait immédiat d'Afghanistan des troupesd'occupation françaises et de l'OTAN. L'argent des expéditions guerrières en Asieet en Afrique doit servir dans les secteurs socialement utiles, comme la santé, l'éducation. Nous appelons à la mobilisation contre l'impérialisme et contrel'idéologie criminelle du « choc des civilisations »."

Alternative libertaire, le 13 avril 2008

Alternative libertaire
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samedi 12 avril 2008

Le Collectif de Résistance Anti-Capitaliste au Saguenay renaît !

Le Collectif de Résistance Anti-Capitaliste, qui avait organisé quelques activités en 2006 au Saguenay, s'est recréé dernièrement en se dotant de principes d'unités (auxquels j'adhère également). Je vous présente plus bas ces principes, mais à noter également que le CRAC animera 2 ateliers durant le Forum social régional, qui se déroulera du 2 au 4 mai au Cégep de Chicoutimi.

"Principes d'unité politique du CRAC Saguenay

Le CRAC c'est quoi?

Le CRAC Saguenay (collectif de résistance anticapitaliste au Saguenay) est une organisation non hiérarchique réunissant des individus qui partagent une unité politique face à la nécessité de s’opposer au système économique capitaliste actuel. Nous considérons que l’exploitation de l’humain par l’humain, la destruction de l’environnement et la répression des luttes populaires par l’État font partie des rouages de notre société dominée par une classe bourgeoise nationale et internationale qui n’a de préoccupation qu’en regard des profits qu’elle accumule. De plus, nous jugeons que l’oppression des femmes reproduite à travers le système patriarcal et l’assujettissement des différentes minorités constituent des obstacles à l’émancipation de tous et de toutes. En ce sens, le CRAC est un lieu de synthèse qui vise à porter un regard global sur les combats des travailleurs et travailleuses, chômeurs-euses, assitéEs sociaux, femmes, étudiantEs, précaires et écologistes, afin de dégager des pistes d’actions collectives visant à bâtir une nouvelle société libérée du capitalisme et de toutes les formes de domination.

Environnement

Nous affirmons qu'il est nécessaire d'aller au-delà de l'illusion qu'un capitalisme régulé (alternative énergétique, taxes verte, etc.) pourrait être respectueux de l'environnement et assurer la survie de l'humanité. En regard de notre mode de production actuel, fondé sur la logique productiviste, l'accumulation du profit, la consommation excessive, la competition entre multinationales, nous appuyons l'analyse selon laquelle nous devons radicalement transformer notre mode de production et de consommation si nous tenons à notre survie. Ce renversement doit déboucher sur une appropriation collective des moyens de production ainsi que sur leur contrôle démocratique afin que la société puisse réfléchir et décider des buts (fondée sur les besoins réels des individus) de la production.

Féminisme

Nous considérons que la domination des femmes résulte d'une oppression socialement construite - fondée sur la division des genres - qui traverse toutes les formes de domination ( classes sociales, ethniques, religieuses, etc) et qui est présente dans tous les rapports sociaux (dans les relations de travail, dans les relations personnelles, etc.) et organisations sociales (syndicats, organisations politiques et communautaires, etc.).

Nous croyons que l'oppression des femmes s'exerce au-delà de la sphère publique, à savoir dans la vie quotidienne des individus. Cette oppression se perpétue à travers une représentation idéologique qui naturalise les différences biologiques et psychologiques entre les sexes, et donc, les conditions d'oppression et d'exploitation des femmes.

Nous appuyons l'analyse selon laquelle les rapports d'exploitation et de domination entre les sexes existaient avant le capitalisme, mais qu'historiquement le développement de celui-ci a largement contribué à mettre en place des structures de domination fondées sur une hiérarchisation des genres. En effet, dans les rapports sociaux découlant du mode de production capitaliste, les femmes se retrouvent en situation d'oppression en raison de la division du travail entre les sexes. Les femmes effectuent la majeure partie du travail domestique, et cela gratuitement. Par ailleurs, on les retrouve majoritairement dans les secteurs du travail atypique. Par conséquent, on dénote une augmentation de la discrimination des femmes sur le marché du travail et celles-ci se retrouvent presque totalement exclues des leviers de pouvoir économique et politique.

Question Nationale

Notre position est que le nationalisme comme idéologie laisse transparaître que les individus ont les mêmes intérêts selon des critères linguistiques, raciaux, historique et territoriaux et que ce faisant, elle cache l'existence de classes sociales aux intérêts antagoniques. Appréhender le monde d'un point de vue nationaliste consiste à entrer dans la logique de la compétition entre nation et à laisser à la classe dominante d'une nation donnée la direction des leviers du pouvoir politique et économique. Ainsi, nous ne croyons pas que l'indépendance nationale ne règle les problèmes d'exploitation, de domination, d'inégalités sociales, économiques et politiques. Seules des luttes internationalistes ayant pour but l'appropriation collective des richesses permettront de sortir les travailleurs du monde entier de leur domination. Toutefois, nous reconnaissons l'importance et la nécessité de soutenir toute lutte d'une nation opprimée, sans par contre, reléguer au second plan la lutte de classe."
- CRAC

vendredi 11 avril 2008

Qu'est-ce que l'Anarchisme ?

Il y a des anarchistes dans la région et un peu partout au Québec et dans le monde qui forment un mouvement de résistance contre le Capitalisme et l'État. Hein! Quessé? Je vous propose d'explorer la chose en dehors de la désinformation des médias de masse avec une définition assez complète de ce qu'est l'anarchisme.


"ANARCHISME. n.m. Philosophie politique qui, à partir d’une définition tripartite de la liberté et d’une conception spécifique de la nature humaine, offre une critique radicale des liens de domination hiérarchiques, un projet de société antiautoritaire et une stratégie de changement social basé sur l’action directe.

La liberté

Tout comme les libéraux, les anarchistes ont une conception négative de la liberté, c’est-à-dire que la liberté est l’absence de contraintes. L’individu libre est celui qui n’est pas soumis à des contraintes extérieures à lui-même.

À cette conception négative s’ajoute une conception positive de la liberté. Tous les anarchistes considèrent que la liberté est également une potentialité, la possibilité pour l’individu de se réaliser et d’atteindre son plein potentiel.

Enfin, les anarchistes ont une conception sociale de la liberté, qui a pour conséquence de lier de façon indissociable la liberté et l’égalité. En effet, l’anarchisme postule que l’individu ne peut être totalement libre qu’au sein d’une société composée d’individus libres. Ainsi, pour Bakounine, « l’homme n’est réellement libre qu’autant que sa liberté, librement reconnue et représentée comme par un miroir par la conscience libre de tous les autres, trouve la confirmation de son extension à l’infini dans leur liberté. L’homme n’est vraiment que parmi d’autres hommes également libres ; et comme il n’est libre qu’à titre humain, l’esclavage d’un seul homme sur la terre, étant une offense contre le principe même de l’humanité, est une négation de la liberté de tous. » (Catéchisme révolutionnaire)

Une critique de la société actuelle

Toutes les variantes de l’anarchisme ont en commun une critique des sociétés contemporaines qui se base sur des principes antiautoritaires découlant de leur conception de la liberté.
Les anarchistes contestent tous les rapports de domination hiérarchique, de quelque nature qu’ils soient (oppression de classe, de race, de sexe, d’orientation sexuelle, domination de la nature…). La critique anarchiste s’étend à toutes les institutions oppressives telles que l’Église, l’armée, la police, ad nauseman… et en tout premier lieu l’État, qu’ils considèrent comme l’institution suprême de domination.

L’étendue de cette critique est d’ailleurs un des facteurs qui distingue l’anarchisme du marxisme. Comme l’a fait remarquer Henri Arvon, l’anarchisme conteste l’oppression autant que l’exploitation, l’autorité autant que la propriété et l’État autant que le capitalisme. Ceci explique pourquoi plusieurs écologistes, féministes, pacifistes, syndicalistes et militants pour les droits de la personne sont attirés par l’anarchisme.

Un projet de société libertaire

Est anarchiste toute idéologie dont le projet de société, appelé anarchie, est déterminé par cette conception de la liberté. Ce projet varie selon les types d’anarchisme, mais la plupart prescrivent des structures sociales non hiérarchiques, radicalement démocratiques et décentralisées.
Pour les individualistes, la société n’est pas un organisme mais une simple collection d’individus autonomes. Pour satisfaire son intérêt personnel, l’individu peut s’unir aux autres et s’associer, mais cette association ne reste qu’un moyen pour servir sa fin.

Les anarcho-syndicalistes sont les héritiers du collectivisme de Bakounine. Selon leur vision de la société anarchiste, les syndicats exproprient le capital et chaque groupe de travailleurs dispose de ses propres moyens de production. La répartition des produits et des services est alors l’objet d’une décision collective.

Finalement, les anarcho-communistes (ou communistes libertaires, ou communistes anarchistes) prévoient l’établissement de communautés (communes) autogérées où tous travailleraient selon leurs capacités et tous consommeraient selon leurs besoins. Ces communautés sont fédérées pour exécuter en coordination des projets les concernant.

La nature humaine

Les anarchistes ont également en commun une perception de la nature humaine qui justifie la viabilité d’une telle société libertaire.

Cette perception n’est toutefois pas la même chez tous les anarchistes. Par exemple, Kropotkine considérait que l’instinct de coopération d’aide mutuelle prédominait chez toutes les espèces animales et trouvait son incarnation parfaite chez l’humain. Mais la plupart des anarchistes ont plutôt développé une conception existentialiste de la nature humaine, estimant que les comportements humains s’adaptent aux structures et aux normes sociales.

Quoi qu’il en soit, tous sont parfois d’accord pour dire que l’humanité a la capacité de vivre et de se développer sans être soumise à des institutions hiérarchiques et répressives.

Une stratégie de changement

Enfin, les anarchistes ont en commun d’offrir une stratégie de changement révolutionnaire impliquant l’institution immédiate de l’anarchie. Ils s’opposent tous aux stratégies autoritaires (dictature du prolétariat) ainsi qu’à la formation de partis hiérarchisés, et sont généralement abstentionnistes lors des élections. Les anarchistes croient en la spontanéité révolutionnaire et préconisent l’action directe, qui peut prendre plusieurs formes.

C’est au sujet des stratégies de changement que les anarchistes sont le plus partagés. Par exemple, certains ont préconisé, principalement lors des deux dernières décennies du xixe siècle, une forme de terrorisme appelée propagande par le fait. Mais après une vague d’attentats individuels qui n’ont mené qu’au rejet populaire de l’anarchisme et à un regain de répression, cette stratégie a été abandonnée par les anarchistes. Les anarcho-communistes insistent quant à eux sur l’action communautaire, sur la formation d’institutions libertaires sur une base locale qui pourront renverser et remplacer l’ordre capitaliste et étatique. Les anarcho-syndicalistes axent leur stratégie sur le syndicat, qui est conçu comme l’embryon de la société nouvelle ; ils préconisent des formes d’action directe comme le sabotage, le boycott, la grève partielle et la grève générale révolutionnaire. Les anarcho-pacifistes insistent quant à eux sur l’action directe non-violente et sur la désobéissance civile comme moyen de renverser l’ordre hiérarchique oppressif.

Bien que les anarchistes soient révolutionnaires et spontanéistes, il ne faut pas croire pour autant qu’ils rejettent les formes de lutte partielles et quotidiennes. Au contraire, des anarchistes comme Élisée Reclus considèrent qu’évolution et révolution font partie d’un même processus et que chaque action peut être efficace si elle est conforme aux principes anti-autoritaires. Les anarchistes considèrent également l’éducation comme étant un des principaux moyens d’accéder à la société libertaire.

Il est toutefois à noter qu’une minorité importante d’anarchistes n’est pas révolutionnaire. En effet, la plupart des individualistes anarchistes considèrent que les rêves de grands soirs sont eux-mêmes potentiellement répressifs et estiment que c’est à l’individu de se libérer en rejetant lui-même la société dominatrice. Pour beaucoup d’individualistes, être anarchiste signifie être un « en dehors » et vivre selon ses propres principes, en refusant de collaborer aux institutions oppressives. "
- Anne Archet, Qu'est-ce que l'anarchisme
Voir aussi Anarchisme sur Anarchopédia