mercredi 25 mars 2009

Conférence du Collectif Emma Goldman (Saguenay) à St-Félicien

Le 24 mars dernier, des militant(e)s du Collectif Emma Goldman (Saguenay) de l'Union Communiste Libertaire ont été invité(e)s à venir tenir des activités à St-Félicien, par des militant(e)s locales/aux intéressé(e)s au communisme libertaire. Le collectif a tenu un kiosque d'information durant le midi. En soirée, à 19 heure, 22 personnes sont venues à une conférence au cégep "Brisons les chaînes de l'oppression", dont quelques personnes de Roberval, annoncée dans l'école et dans le journal étudiant. La conférence a traité de l'UCL, de communisme libertaire, du collectif Emma Goldman et des principes du privé est politique et de l'éthique libertaire. La présentation semble avoir suscité un grand intérêt.

Un signe que l'anarchisme s'implante dans la région, petit à petit...
Vivà

dimanche 1 mars 2009

8 Mars: Journée Internationale de la lutte des Femmes, Marche à Chicoutimi

(Cliquez sur l'image pour la voir plus clair)

Le collectif Emma Goldman (Union Communiste Libertaire-Saguenay) vous invite à venir marcher à Chicoutimi le 8 mars prochain dans le cadre de la journée internationale des femmes. Le thème de la marche est «La clé de ma maternité: ma liberté de choisir!», pour une maison des naissances et la pratique des sage-femmes dans la région. Nous tenons à réaffirmer notre appui et nos encouragements au comité des jeunes féministes "Toujours Rebelles" 02, comité initiateur de la marche.

Le point de rencontre de la marche est à 15h00 dans le stationnement du complexe Sagamie, 930 rue Jacques-Cartier est, Chicoutimi(Stationnement gratuit).


mercredi 4 février 2009

Nouvelles de La Tuque, en Crise

Pour un bout de temps, je collaborerai au blog du Collectif de l'Union Communiste Libertaire au Saguenay. Ce texte sera une première contribution.

À La Tuque, on ne sent plus seulement le froid polaire de l’hiver et l’odeur lourde de l’usine de pâtes et papier à deux pas du centre-ville, les nouvelles de Smurfit-Stone, l’entreprise américaine qui est propriétaire de l’usine, semble échauffer bien des esprits, et avec raison. Le 15 janvier dernier, le Wall Street Journal a annoncé que Smurfit-Stone, plus grand propriétaire de forêts privées au Québec, aurait engagé un service de faillite et se dirigerait sous la protection de la faillite.[1] L’article ayant eu un certain écho dans la ville, le président de la compagnie avait alors refusé de confirmer ou d’infirmer la nouvelle. Le 26 du même mois, on apprenait de la bouche du chef de la direction que le recours à la loi de la faillite était bel et bien réel, et qu’il avait pour but de tenter une restructuration. Nécessaire aussi de noter que depuis 3 ans à la Smurfit-Stone de La Tuque, l’effectif de travailleurs et de travailleuses avait chuté de 30%.

L’usine de pâte et papiers de La Tuque, est le plus gros employeur en ville, employant à ce jour un peu moins de 500 employé(e)s. C’est aussi son principal moteur économique puisque beaucoup d’entreprises et de commerces subsistent grâce à l’usine et ses travailleurs/euses. Advenant une fermeture, les craintes sont grandes que ce pourrait être la fin annoncée de la ville haute-mauricienne. La chose aurait un effet domino, des millions de dollar sont impliqués et une centaine de fournisseurs locaux seraient affectés explique Marc Rochette.[2] Les dirigeant(e)s locaux/ales prennent pour l’instant la menace d’une fermeture avec beaucoup de légèreté, on s’en doute, pour ne pas causer d’affolements dans la population et une possible rupture de la paix sociale. Ils et elles préfèrent nous lire leurs chapelets sur la diversification économique, soit une bien belle idée, mais les gens ne sont pas dupes sur les réelles possibilités de développement. Alors que beaucoup d’emplois sont menacés, le personnel cadre a reçu son bonus annuel plutôt que prévu cette année. Le taux de chômage est déjà élevé dans la ville (10% selon le recensement de 2006 de Statistique Canada) et, avec la crise du bois d’oeuvre, les jeunes ont beaucoup de misère à se trouver un emploi stable en Haute-Mauricie.

En fin de semaine, j’avais entendu d’un de mes amis là-bas que l’armée tenait un entraînement militaire « humanitaire » dans la ville, comme la radio locale l’annonçait. Il avait d’ailleurs vu un tank sur roue en marche dans la rue en face de chez lui. Il m’a dit qu’une blague courrait dans la ville à l’effet qu’ils, les militaires, seraient là au cas où des émeutes éclataient à la suite d’une annonce de fermeture de l’usine ou d’un licenciement massif. En fait, après vérification en arrivant, j’ai découvert qu’il s’agissait en fait de 240 militaires du 12e Régiment blindé du Canada qui pratiquait un exercice de simulation de Sommet du G8 à La Tuque. On pouvait d’ailleurs lire dans Le Nouvelliste du 28 janvier : « Selon le capitaine Nault, ce type d'entraînement est nécessaire pour aguerrir les membres des Forces canadiennes en prévision d'opérations domestiques, c'est-à-dire, au Canada, et ce, en tous climats ».[3] Par coïncidence, le Canada est hôte de 3 événements politiques d’envergure internationale en 2010 : les Olympiques de Vancouver, le Sommet du G8 (Huntsville en Ontario) et un sommet du Partenariat pour la Sécurité et la Prospérité et des contre-sommets s’organisent contre chacun.



[1] « Smurfit Says Bankruptcy Is Possible Amid Crunch », Wall Street Journal, 15 janvier 2009, http://online.wsj.com/article/SB123197469101583315.html

[2] Marc Rochette, « Véritable krach à La Tuque », Le Nouvelliste, 30 janvier, http://www.cyberpresse.ca/le-nouvelliste/economie/200901/30/01-822434-veritable-krach-a-la-tuque.php

[3] Marc Rochette, « Un Sommet du G8 bien surveillé… à La Tuque ! », Le Nouvelliste, 28 janvier, http://www.cyberpresse.ca/le-nouvelliste/mauricie/200901/28/01-821652-un-sommet-du-g8-bien-surveille-a-la-tuque-.php

mardi 27 janvier 2009

Les omissions du président de Rabaska

Serge Genest, Québec, le 23 janvier 2009
Opinion parue dans Le Devoir du 26 janvier 2009

"Dans une longue lettre diffusée dans Le Devoir du 21 janvier, le nouveau président de Rabaska réagit aux propos publiés par les opposants au projet de port de transbordement, de stockage et d'acheminement du méthane qui doit être implanté à Lévis. M. L'Écuyer revient sur les mêmes arguments qui ont servi depuis le début pour forcer l'implantation de ce port méthanier sur le fleuve entre Lévis et Québec: besoin de fournir la consommation locale de gaz, le caractère «sensiblement moins polluant» du gaz naturel. Fort heureusement, il a abandonné le discours lénifiant de la création d'emplois et de retombées économiques mirobolantes qui a servi au départ pour tenter de légitimer l'implantation de ce complexe de transformation de GNL.

Le président de Rabaska omet toutefois de rappeler que, lors de la visite du représentant de Gazprom à Québec l'an dernier, ce dernier avait exprimé on ne peut plus clairement que c'était le marché étasunien qui était prioritairement visé avec les installations projetées à Lévis. Exit également le fait que ce relais prévu par des multinationales du gaz vise essentiellement à tirer le maximum de profits tout en rejetant les risques écologiques et sociaux là où l'on acceptera de servir de maillon à une telle entreprise. Rôle que la ville de Lévis, appuyée par le gouvernement «local» québécois, a accepté de jouer dans la plus pure tradition du rejet des risques et des coûts de production vers des républiques bananières, tel que cela a été mis au point depuis le début du XXe siècle. Malheureusement, la ville de Lévis est encore sous le coup de ce modèle économique d'un autre âge dont on constate les derniers hoquets: chantier Davie, raffinerie Ultramar et Rabaska."

Rio Tinto-Alcan et le capital en déroute

Lu sur La Commune :
Une nouvelle chronique que nous vous proposons, enfin que nous tenterons de produire de manière régulière, et qui aura pour thème l’analyse de la crise et ses effets sur les travailleurs-euses. Avec la crise à nos portes, malheureusement nous entendrons de plus en plus parler de restructuration, de pertes d’emplois, de licenciement technique et de précarité. Nous tenterons d’analyser à chaque chronique le cas d’une compagnie ou d’un exploiteur qui pour une raison ou une autre tente de maximiser son profit au détriment des travailleurs-euses du Québec. Nous ne nous proclamons pas comme des spécialistes de l’économie, mais bien comme des témoins de cette lutte sans relâche qui oppose le capital aux exploitéEs. Cette semaine le cas de Rio Tinto…

Rio Tinto-NYSE

L’hécatombe
On apprenait cette semaine, que le conglomérat Rio Tinto-Alcan licenciait les 220 employéEs de son usine d’électrolyse de Beauharnois. Une des raisons invoquées en plus de la chute du prix de l’aluminium, c’est la désuétude de l’usine de Beauharnois ouverte en 1943. Cette usine utilise la technologie Söderberg, qui sera éliminée de toutes les usines d'aluminium de première fusion au Québec d'ici 2015, conformément à la réglementation environnementale. « Ce n'est pas parce que les travailleurs ne sont pas bons: ils sont aussi bons que les autres, mais c'est malheureusement l'usine la plus désuète du groupe, avec les coûts de production les plus élevés », a dit le ministre du Développement économique du Québec, Raymond Bachand. (1).

Du côté de l’usine d’Alumine de Vaudreuil, on impose une réduction temporaire de la production de 25%, soit de 400 000 tonnes, ce qui leur permet de justifier le licenciement d’une cinquantaine d’employéEs.

À Jonquière, le Centre de produits cathodiques réduira ses activités liées à la production de carbone de 50%. Environ 17 personnes y perdront leur emploi. De manière grossière, la compagnie justifie ses pertes d’emplois par : « Les mesures d’austérité se traduiront par une réduction additionnelle de 6% de la production d'aluminium et d'alumine et la suppression d'environ 1100 postes à l'échelle mondiale ».

On peut se questionner sur la véracité du nombre de 1100 postes alors qu’en une semaine, ils ont annoncé le licenciement de 300 employéEs seulement au Québec, soit plus de 25% de leur estimation (2). Selon d’autres sources le bilan sera beaucoup plus catastrophique. Le Syndicat de travailleurs canadiens de l’automobile (TCA-Québec), annonçait, la même journée, quant à lui, que le gouvernement du Québec avait accepté la fermeture de 4 usines soit : Vaudreuil (800 emplois), Beauharnois (200 emplois), Shawinigan (600 emplois) et Arvida (650 emplois) (3).

Des licenciements indirects
Par ailleurs, en réunion, le 23 janvier, avec les dirigeants de Rio Tinto-Alcan, les 200 partenaires et sous-traitants Saguenéens, apprenaient qu’ils devront diminuer de 15% leur coût d’exploitation afin de freiner la baisse tendancielle du taux de profit de Rio Tinto. Pour la région, les nouvelles réductions de coûts exigées atteindraient plus de 150 millions de dollars, d'après certaines sources et un nombre encore non déterminé de mises à pied qui s’ajouteront aux licenciements directs annoncés (4). D’ailleurs la firme BPR-Bechtrel, une firme d’ingénierie Montréalaise, dont le principal client est Rio Tinto, devra licencier 330 employéEs au Québec, soit 36% de ses effectifs, suite à la décision de Rio Tinto de mettre sur la glace deux projets d'investissement totalisant plus de 1 G$ d’investissement. Les bureaux les plus touchés risquent d’être ceux du Saguenay (5).

Une baisse tendancielle du taux de profit?

Le secteur automobile est en crise et la construction est en chute libre. Ce sont deux des secteurs qui sont parmi les plus grands demandeurs d’aluminium dans le monde. Ainsi, depuis la deuxième moitié de 2008, le prix de l’aluminium a chuté de moitié en raison de la baisse de la demande. En contrepartie, la logique capitaliste étant à l’augmentation toujours croissante de la production, l’année 2008, fut une année record pour la surproduction d’aluminium au niveau mondial. Un niveau record de 1,3 millions de tonnes fut produit en surplus pour la seule année 2008. Pour la deuxième moitié de l’année 2008, il y a eu une légère augmentation de la demande de 3,1%, mais largement inférieure aux surplus qui ont augmenté quant à eux de 5,7%. Les analystes prévoit quant à eux une diminution de 2% de la demande pour 2009, tandis que les surplus devraient atteindre des niveaux records de 2 millions de tonnes!(6) Cette baisse tendancielle du taux de profit n’est donc qu’un reflet de la suraccumulation de marchandise de l’industrie de l’aluminium.

Une des solutions apportées par Alcan est un nouveau projet pour contrer la désuétude de ces usines qui ne produisent plus assez selon eux. Ces usines opèrent actuellement à profit et à des coûts de 15 % inférieurs à sa moyenne mondiale. Sa solution le projet AP-50, une usine-pilote dans laquelle Alcan s'est engagée en décembre 2006, à investir deux milliards sur une période de dix ans. En contrepartie, Québec a offert un prêt sans intérêt de 400 millions, a prolongé des contrats d'approvisionnement en électricité et a prolongé les droits d’Alcan sur la rivière Péribonka jusqu'en 2058. Un projet qui permettra de construire la cinquième aluminerie la moins coûteuse au Canada (7). Un projet qui aura pour seul but d’augmenter la production d’aluminium lorsque le prix de l’aluminium sur les marchés mondiaux reviendra à la normal.

Mais évidemment l’investissement de capitaux, donc de capital constant dans des installations, implique en contrepartie une diminution des coûts ailleurs, soit le capital variable, afin de maintenir le taux de profit. La seule façon possible est de maximiser l’exploitation des travailleurs tout en diminuant la masse salariale, dans ce cas-ci par des mises à pied massives. Ce qui accroitra encore plus la compétitivité des travailleurs-euses qui craindront maintenant de rejoindre leurs anciens collègues au chômage. Une logique implacable typique du capitalisme moderne en temps de crise, augmenter la plus-value, c'est-à-dire le profit retiré de la force productive des travailleur-euses, en licenciant et en fermant les usines moins productives. Bref, il s’agissait pour eux d’imposer un partage de la valeur ajoutée plus favorable au capital et plus défavorable au travail. Gageons que les conditions d’emploi seront les prochaines concessions que les travailleurs-euses d’Alcan devront faire face afin de « contrer la concurrence » des travailleurs-euses chinoiSes.

Notons au passage que les coûts serons épongé par un prêt sans intérêt par le gouvernement, en plus d’électricité à faible coût ce qui permettra encore plus aux pauvres actionnaires de maintenir leurs dividendes.

Dans cet effondrement du système financier, c’est évidemment les travailleurs-euses qui devront payer au nom du profit et des dividendes des grands capitalistes. L’histoire nous a montré que dans ces moments, l’intensification des luttes sociales peut mener à des bouleversements majeurs.

Solidarité avec touTes les travailleurs-euses des usines de Beauharnois, Vaudreuil et de Jonquière qui sont les nouvelles victimes du capital…

(1) source
(2)Presse canadienne
(3)CNW
(4) Radio-Canada
(5) source
(6) The Australian
(7) Le Devoir

jeudi 22 janvier 2009

Qu'est-ce que la propriété?

Lu sur Le blog flegmatique d'Anne Archet :

«C’est le vol», répondait Pierre-Joseph. «C’est la liberté», répond à peu près tout le monde cent soixante-dix ans plus tard.

Quant à moi, je dis bien humblement que la propriété, c’est la clôture.

Parmi les nombreux mensonges qui permettent le maintien de la domination du capital est l’idée que la propriété est synonyme de liberté. Ce fut le credo de la bourgeoisie triomphante lorsqu’elle se mit à couvrir le globe de clôtures et de barrières ― barrières physiques, barrières légales, barrières morales, sociales, raciales, militaires… bref, tous les dispositifs jugés nécessaires pour enclore les richesses spoliées du monde et ainsi s’assurer que les multitudes crasseuses et laborieuses n’y aient pas accès.

Nous sommes ces multitudes, nous qui nous nous faisons servir quotidiennement ce mensonge. Depuis que nos ancêtres ont été «délivrés de leurs chaînes» et de leurs terres, nous sommes libres de choisir entre crever de faim ou vendre notre vie et notre temps au premier maître disposé à les acheter. On nous qualifie de «main d’œuvre libre» puisque, contrairement au bétail, nos maîtres n’ont pas à se soucier de notre entretien et de notre survie ― notre force de travail étant la seule marchandise monnayable que nous détenons. On nous raconte que nous pouvons disposer de notre corps et de notre vie comme nous l’entendons, même si dans les faits l’essentiel de notre temps est consacré à assurer péniblement notre survie.

La propriété, nous dit-on, est un bien qu’on peut acheter avec de l’argent, ce qui signifie que la liberté réside dans ces objets et augmente avec leur accumulation. Dans la poursuite de cette liberté qui n’est jamais atteinte, nous nous enchaînons à des activités que nous n’avons pas choisies, abandonnant toute velléité de choisir par nous-mêmes dans le but de gagner l’argent qui est censé nous permettre d’acheter la liberté. Alors que notre vie se consume à petit feu au service de projets qui n’ont jamais été les nôtres, nous dilapidons notre salaire en jouets et en divertissements divers, en thérapies et en pilules ― les anesthésiques habituels qui nous empêchent d’apercevoir la vérité derrière le mensonge de la propriété.

Car la propriété, dans les faits, n’est pas l’objet qui est possédé, mais bien la barrière ― la barrière qui nous enferme, la barrière qui séquestre, toutes les clôtures, tous les murs érigés pour nous exclure de notre propre vie, pour faire en sorte qu’aucun individu sur terre ne pourra jamais se réaliser pleinement, ne pourra jamais aller au bout de ce qu’il peut.

Il faut comprendre la propriété comme une relation sociale entre les objets et des individus médiée par l’État et le marché. La propriété ne peut exister sans l’institution étatique qui concentre le pouvoir dans des institutions de domination; sans les lois, les armes, les flics, les tribunaux et les prisons, la propriété ne pourrait avoir aucune base, aucune réalité tangible.

On pourrait même dire que l’État est en lui-même l’institution de la propriété, car qu’est-ce que l’État sinon un réseau d’institutions par lesquelles un pouvoir s’exerce sur un territoire donné et qui font en sorte que les ressources sont contrôlées par la force des armes ? Toute propriété est ultimement propriété étatique puisqu’elle n’existe que sous la permission et la protection de l’État. Cette permission et cette protection peuvent être révoquées en tout temps et pour n’importe quelle raison, ce qui a pour conséquence de retourner la propriété à l’État. Je ne veux pas insinuer ici que l’État est plus puissant que le capital, mais plutôt que ces deux institutions sont si inextricablement liées qu’elles constituent un seul et unique ordre de domination et d’exploitation. Et la propriété est l’institution grâce à laquelle cet ordre exerce son pouvoir dans notre vie quotidienne en nous obligeant à travailler et à payer, ce qui lui permet de se maintenir et de se reproduire.

La propriété est donc le fil barbelé, l’étiquette de prix, le chien de garde, la caméra de sécurité, l’agent de police. Le message que tout ceci véhicule est limpide : on ne peut jouir de rien sans permission et cette permission ne peut être donnée que par l’État contre paiement en espèces sonnantes et trébuchantes. Dans ses conditions, comment se surprendre que le monde de la propriété, régi par le marché et l’État, est un monde appauvri où le manque et non la satisfaction domine l’existence. La poursuite de la liberté individuelle, bloquée à chaque détour par une clôture, y est remplacée par une compétition stérile et pour accumuler toujours plus d’objets parce que dans ce monde, la valeur de l’individu se mesure à la quantité de choses qu’il peut détenir.

Nous sommes tous enchaînés au monde froid et réifié de l’étiquette de prix.

S’attaquer aux objets détenus par les maîtres du monde ― faire éclater les vitrines des banques, incendier les voitures des flics, saboter la machinerie industrielle ― est certainement valable et légitime, ne serait-ce que pour le plaisir que de tels gestes procurent. Mais il faut aller plus loin, beaucoup plus loin, et s’attaquer à l’institution de la propriété : à chaque barrière physique, légale morale ou sociale. C’est à ce prix que nos désirs seront réalisés et que nous pourrons, un jour, nous réapproprier notre existence et enfin vivre selon nos propres termes.

mercredi 21 janvier 2009

L'humanité se cache la face et pleure en silence.


L’HUMANITÉ

Tu ne passeras pas, maudite gueuse. Regarde, derrière toi, les chemins que tu as parcourus ; partout la nuit, le malheur, la désolation. Les moissons sont détruites, les villes incendiées, et, dans les champs dévastés et dans les forêts abattues, pourrissent des monceaux de cadavres sur lesquels s’acharne le corbeau. Chacun de tes pas est marqué d’une fosse où dorment à jamais les meilleurs des enfants des hommes, et les grains de sable des routes, et les brins d’herbe des prairies, et les feuilles des arbres sont moins nombreux que tes victimes. Tu ne passeras pas.

LA GUERRE

Je passerai, vieille radoteuse, et tes sensibleries ne m’arrêteront point. Il faut que toute la terre s’éclaire à mon soleil de sang et qu’elle boive, jusqu’à la dernière goutte, l’amère rosée des larmes que je fais couler. Je pousserai sur elle le poitrail fumant de mes chevaux, et je la broierai sous les roues de mes chars. Tant qu’il existera non seulement deux peuples, mais deux hommes, je brandirai mon glaive, je soufflerai dans mes trompettes, et ils s’entretueront. Et mon corbeau s’engraissera dans les charniers.

Octave Mirbeau - La Guerre et l’Homme

mardi 20 janvier 2009

Rappel: 25 Janvier à Chicoutimi

Le 25 janvier à Chicoutimi, au Café Cambio(rue racine) aura lieu à 17h30 une assemblée publique de lancement du collectif Emma Goldman au Saguenay, membre de l'Union Communiste Libertaire. Il y aura aussi à l'occasion le lancement du livre "Sur les traces de l'anarchisme au Québec" avec son auteur, Mathieu Houle-Courcelles.

samedi 17 janvier 2009

Bulletin d'info libertaire

Bulletin d'info libertaire - Saguenay, produit et distribué à plus d'une centaine de copie sans monétariat. Concentré sur l'information locale, le bulletin traite des élections municipales à venir, de la création du collectif Emma Goldman et de la crise économique pour un public large. N'hésitez pas à laisser un courriel en commentaire (arobas changé par [at] pour ne pas recevoir de spams) pour recevoir le fichier pdf imprimable et photocopiable à volonté.
2009 au Saguenay
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vendredi 16 janvier 2009

Réactionnaire comme... Jean Tremblay

Les élections municipales au Saguenay auront lieu le 1er novembre 2009. Durant ce dernier mandat de Jean Tremblay, en plus d'avoir suscité à plusieurs reprises les médias nationaux pour ses propos fervemment catholiques et réactionnaires, plusieurs luttes au niveau municipal ont été entreprises dont une lutte contre la prière au conseil municipal et celle contre le mémoire sur les accommodements raisonnables signé au nom des gens de Saguenay. Le vidéo suivant présente le maire à l'émission de Richard Martineau le 15 octobre 2008 parlant contre le cour d'Éthique et culture religieuse.

http://ca.youtube.com/watch?v=i3XltAPa46c

mercredi 7 janvier 2009

Quelques pistes sur 2009 au Saguenay

Le Quotidien, Rocket Lavoie

Joyeuse année 2009!

Et oui, une autre année qui commence et y'a pas le choix de l'accepter, faut s'y faire. Une année qui s'annonce déjà parsemée d'activités et, ce message pour preuve. S'en ajoutera assurément davantage en cours de route, mais je profite de cet fin de répit des fêtes pour faire part de quelques trucs annoncés.

2009 sera une année électorale dans ville-Saguenay. Notre candidat vedette Jean Tremblay (voir ici les articles consacrés à lui sur ce blog), aurait vraisemblement l'assurance de se faire réélire si on peut en croire Carol Néron dans Le Quotidien. Et, bien que le Maire Tremblay assume le poste de Maire de la ville depuis 1997, époque Chicoutimi précédant les fusions municipales, notre éditorialiste bien propre aux idées du Quotidien y va, dans le même article, d'un "Chez nous, la démocratie se porte très bien merci. À observer ce qui se passe ailleurs dans le monde, disons que nous avons le droit de critiquer, mais en aucun cas, surtout, celui de nous plaindre." Et bien, peu sert de se plaindre, ce sera un temps idéal pour manifester notre désir d'un changement profond de ce qui peut subsister de "démocratie municipale" à Saguenay avec un maire aussi autocratique que monsieur Tremblay et d'amener sur la place publique des perspectives libertaires envisageables ici et maintenant.

D'autre part, 2009 verra aussi la création d'un collectif de l'Union Communiste Libertaire au Saguenay, le collectif Emma Goldman. L'UCL est une nouvelle organisation au Québec née d'une refondation de la Fédération des communistes libertaires du Nord-Est (NEFAC) et qui compte maintenant 7 collectifs dans la province : Sherbrooke, Montréal, Trois-Rivières, Drummondville, Québec, St-Jérôme et Saguenay. Au Saguenay, le Collectif de Résistance Anti-Capitaliste (CRAC) a pris la décision de prendre part à cette organisation anarcho-communiste québécoise. Je vous suggère de consulter leur blog au cours du mois de Janvier et des prochains afin d'être informé(e) des activités à venir ou de communiquer directement avec elles et eux via courrier électronique. Sans voler le punch, il y aurait entre autres au programme, deux assemblées publiques de lancement du collectif prévues vers la fin janvier et au début de février et une manifestation prévue dans les rues de la ville pour la Journée Internationale des Femmes, le 8 mars. Restez à l'affut pour être au courant!

Même si la confiance s'avère encore plutôt bonne, on sentira sans aucun doute les durs coups de la crise financière durant l'année. De crise causée par les ventrus du marché(lire riches propriétaires), le gouvernement tentera à coup sûr de refiler la facture aux travailleurs et travailleuses, fidèle au bon vieil adage: Socialisation des pertes et privatisation des gains! Les subventions que le gouvernement accorde à coup de milliards aux plus grandes entreprises industrielles pour quelques mois de fonctionnement devront être remboursées tôt ou tard, alors que selon les plans du premier sinistre Harper, les entreprises paieront de moins en moins de taxe. Pour la région, la crise sera encore plus dramatique puisque, des industries présentes, nous dépendons particulièrement des exportations vers les États-unis et ailleurs. De plus, le taux de chômage étant déjà plutôt élevé par rapport au reste du Québec, celui-ci s'élèvera certainement à des seuils critiques. On pouvait, au mois de décembre, voir la façon que la justice canadienne a traité la perception illégale par le gouvernement fédéral de 54 milliards de $ de l'argent des cotisations d'assurance-chômage. C'est carrément scandaleux! Et là-dessus, il sera définitivement nécessaire de s'organiser dans l'année qui commence pour faire entendre tout(e)s ceux et celles qui sont laissé(e)s sans voix dans ce cirque politique et capitaliste, où les puissants avares chercheront comme toujours à se faire du profit.

En 2007, les 100 PDGs les mieux payé(e)s au Canada ont reçu, en moyenne, une augmentation salariale de 22%, et vous?


Alors 2009 est là, on se revoit sur le terrain des luttes!

dimanche 4 janvier 2009

Palestine - Israël : information des Anarchistes contre le mur en zone de guerre

"dimanche 4 janvier 2009

(Traductions d’articles du site des anarchistes contre le mur et du blog de Ilan Shalif)

L’assaut le plus brutal d’Israël contre Gaza depuis 1967 - sous le nom de code “Opération Plomb Chargé” - qui a commence le samedi 27 décembre et a tué 250 palestiniens dès le premier jour, a rencontré une condamnation généralisée partout dans le monde, et des protestations en Israël aussi.

Vendredi 26 décembre. Les protestations avaient déjà commencé le jour précédent l’offensive aérienne israélienne « choc et crainte », quand des activistes ont manifesté dans le cœur de Tel Aviv, pour avertir contre l’escalade des menaces et l’appel à des pour-parler de paix avec les officiels démocratiquement élus de Gaza. Cette manifestation, appelée par la Coalition contre le siège de Gaza, a été virtuellement ignorée par les principaux médias israéliens.

Le samedi 27 décembre, alors que nous apprenions le carnage et la dévastation cause par les avions de guerre israéliens infligés au matin sur une population gazaouie assiégé et déjà souffrante, les activistes des Anarchistes contre le mur (ACM) ont rejoint une centaine de manifestants en colère dans une manifestations spontanée dans la ville de Jaffa (beaucoup d’habitants locaux ont de la famille dans la bande de Gaza, étant donné qu’une grande part de la population de Jaffa a été forcée de fuir vers Gaza en 1948)

Au même moment, des manifestations ont explosé dans une douzaine de villes et de village de Cisjordanie, ainsi qu’à Jérusalem est, la plupart du fait d’affrontements entre de jeunes Palestiniens et les troupes Israéliennes. Plus tard dans l’après-midi, les ACM ont participé avec des membres d’autres organisations, dans une marche de protestation de plus d’un millier de juifs et d’arabes dans les rues de Tel Aviv. Les manifestants ont mené une marché énergique et chargée d’émotion du square de la Cinémathèque jusqu’au ministère de la défense, en criant « l’occupation est du terrorisme » et portant des pancartes « les ministres israéliens sont des criminels de guerre ». En cours de route, les manifestants ont été attaqués sans raison par une Unité spéciale de patrouille soutenue par des membres de la police montée agressifs. D’autres affrontements ont eu lieu par la suite devant le Ministère de la défense, quand des anarchistes ont mis à bas la barrière de sécurité et ont essayé de bloqué la circulation sur la rue Kaplan. Six manifestants ont été arrêtés, qui ont ensuite été relachés par un juge le lendemain.

Le dimanche 28, alors que le nombre de morts à Gaza s’approchait de 300 pour le second jour de l’attaque israélienne, les activistes d’ACM ont rejoint une manifestation dans le village de Ni’ilin contre les crimes de guerre d’Israel à Gaza. Les forces israéliennes ont ouvert le feu sur les jeunes qui lançaient des pierres, tuant un des manifestants et en en laissant un second dans une situation critique. Arafat Rateb Khawaja, 22 ans, a été tué d’une balle tirée dans le dos, qui est mort dans l’après midi à l’hôpital de Ramallah. Mohammed Kasim Khawaja, 20 ans, a reçu une balle dans le front tirée à proximité, et est toujours dans un état de mort clinique à l’hôpital de Ramallah.

Le dimanche soir, ACM a pris part à une nouvelle manifestation survoltée dans le centre de Tel Aviv, où des douzaines de personnes ont appelé la population la fin des opérations militaires en cours à Gaza, et de l’occupation en général. Les protestataires portaient des pancartes disant « Intervention internationale maintenant » et « les Israéliens et les Palestiniens sont contre la guerre ».

Le Lundi 29, les funérailles à Ni’ilin ont été extrêmement chargées en émotion, puis suivies par une journée d’affrontement avec l’armée, alors que des centaines d’étudiants faisaient entendre leur opposition sur les campus de Tel Aviv, de Haifa et de Jerusalem - manifestations qui ont tous donné lieu à des d’affrontements avec la police et ou des contre-manifestants fascistes, ainsi que des arrestations violentes. Plus tard dans la journée, des manifestants se sont rassemblés devant l’Ambassade égyptienne de Tel Aviv, pour protester contre le silence et la collaboration égyptienne avec l’offensive israélienne. Les manifestants ont fait face à un extrêmement impressionant contingent de police anti émeutes et de gardes frontières qui, incités par la foule enflammée des passants, a utilisé une violence extrême pour disperser la manifestation. Six participants ont été arrêtés, tous des palestiniens citoyens israéliens.

Plus tard dans l’après-midi, des members d’ACM ont rejoin tune protestation d’arabes et d’israéliens contre les atrocités à Gaza qui avait lieu à Jaffa. Plusieurs centaines de personnes ont hissé des drapeaux palestiniens et ont lancé des slogans de solidarité avec la population de Gaza et de soutien à l’Intifada. L’évènement à culminé avec une marche bruyante et désordonnée dans les rues de Jaffa, bloquant parfois la circulation, qui s’est ensuite dispersée sans violence après une confrontation avec un fort contingent de renforts de police anti éméute et de gardes frontières.

Le mardi 30, une nouvelle manifestation enragée de quelques 200 personnes s’est ruée dans le centre de Tel Aviv. Malgré une forte présence policière, des œufs et des bouteilles vides ont été lancé sur les manifestants.

Le Vendredi 2 janvier, une vingtaine de membres d’ACM ont surpris les services de renseignements de la police en organisant à 6 heures du matin un « die in » à l’entrée de la base aérienne Sde Dov de Tel Aviv. Ils se sont allongés sur la route, feignants d’être morts en portant des combinaisons et des masques couverts de sang, devant l’entrée de cet aéroport où les pilotes se rendent pour prendre leur taxi aérien qui les amènera sur les bases aériennes. Au bout de 10 minutes, les 21 participants ont été arrêté. A la demande de la police, honteuse de n’avoir pu empêcher préventivement l’action, clamant que les personnes arrêtés mettaient en danger la paix en temps de guerre, le juge a ordonné de les maintenir en prison le temps du week end [et ainsi les empêcher de rejoindre les manifestations prévues ce week end ...]. Ayala, l’un des activistes : notre geste est destiné à « montrer aux pilotes de l’armée del’air israélienne le résultat de leurs actions à gaza. A des milliers de mètre d’altitude, le pilote qui cible puis appuie sur un bouton peut ignorer, oublier ou être incapable de comprendre qu’en ce faisant il tue des personnes innocentes. Nous sommes venus ici pour leur rappeler cela. » Depuis le début de cette guerre, les forces aériennes ont bombardé Gaza plus de 300 fois. Ils ont tué plus de 400 palestiniennes, des centaines de civils. Il est impossible d’être contre les bombardement de civils sur Sdérot en Israël sans être en même temps contre les tueries massives de civils à Gaza.

Les lois internationales de la guerre obligent d’éviter au maximum tout dommage contre les civils. Les bombardements de l’armée de l’air israélienne sur la bande de Gaza qui est très densément peuplée ne peuvent que toucher les civils, et sont des crimes de guerre. Chaque pilote qui bombarde Gaza bombarde une population civile et est un criminel de guerre.

(vidéo : http://www.youtube.com/watch?v=WpeC...)

A cause de trop nombreuses arrestations de vendredi matin, les autres membres d’ACM n’ont pu participer à la manifestation commune contre le mur de séparation seulement dans le village de Jayyous - où de très nombreuses grenades lacrymogènes ont été tirées, et à Bil’in - qui a encore été un champ d’expérimentation pour « les moyens de contrôle de foule de basse léthalité ». Ce vendredi à Bil’in, les forces de l’Etat ont fait un nouvel essai de leur machine à bruit et de nouveaux projectiles... il semblerait que leur principale tâche, en plus de ces expériences, était d’éviter de nouveaux cisaillement de la barrière de sécurité comme cela avait été le cas lors de la manifestation de dimanche contre la guerre à Gaza.

Pendant toute la semaine, nous avons distribué l’appel pour la démonstration de samedi au nom de la Coalition des organisations contre la guerre à Gaza, et dont les Anarchistes contre le mur sont partie prenante :

« Les massacres à Gaza continuent. Des centaines ont été tués, des milliers blessés, les attaques aériennes ont causé des dévastations totales et des familles entières sont maintenant laissées sans maisons. Les civils dans le sud d’Israel sont les otages d’un gouvernement qui leur ment et abuse d’eux. Les destructions et les morts à Gaza n’assureront par leur future, mais au contraire conduiront à plus de violence et de morts.

Rejoignez nous dans la manifestation de ce samedi, nous appelons :

Arrêt des massacres !

Non au siège de Gaza !

Stop the Killing ! No to the Siege ! Yes to life for both peoples !

Oui à la vie pour les deux peuples !

Dans ces journées sombres, nous tenons à notre message : les juifs et les arabes refusent d’être des ennemis !

Notre demande : une trêve complète et la levée du siège de Gaza MAINTENANT !

PS : depuis des dernières semaines, des arrestations massives ont été opérées parmi les citoyens palestiniens d’Israël qui ne faisaient qu’exercer leur droit démocratique de manifestation. Ce samedi, avant la manifestation de Tel Aviv, une rassemblement de protestation est appelé à Sakhnin par le Haut comité des arabes israéliens contre le massacre à Gaza. Merci de faire un effort pour le rejoindre. Votre présence est essentielle.

Le soir, après que la Haute Court ait interdit à la police d’interférer dans le contenu de la manifestation, des milliers de personnes ont convergé vers le square de la ville, y compris beaucoup de ceux qui participaient plus tôt à la manifestation de Sakhnin au nord. Quelques centaines de personnes ont participé au cortège anarchiste. Le cercle de tambour a constitué le centre de ce cortège tout le long de la manifestation. Les drapeaux, les bannières anarchistes ainsi que leur chants ont été la cible pendant toute la manifestation de militants de droite, qui ont échoué à causer des altercations."

Voir aussi :

Traduction du rapport sur l’assassinat à Ni’ilin pendant la manifestation de solidarité avec Gaza, le dimanche 26 décembre 2008, écrit pour l’association Droits de l’Homme Btselem par un membre des anarchistes contre le mur

Site Electronic Intifada (très riche en actualités et analyses sur la situation en Palestine)
Site des Anarchistes contre le Mur

Traduction par le site du Syndicat Interco Paris-Nord de la CNT-AIT

mercredi 24 décembre 2008

Souvenir de 2004: Occupation de l’usine d’Alcan à Arvida

On ne peut plus se cacher la tête sous le sable, on connaîtra durant l’année 2009 des répercussions assez fortes de la crise financière. Selon les experts, les provinces du Québec et de l’Ontario seraient les plus touchées par la crise au Canada, et on peut s’attendre à de fortes mises à pied dans les « régions ressources », étant ce qu’elles sont. Face à cette crise, le gouvernement tentera à coup sûr de refiler la facture aux travailleurs et travailleuses et aux plus défavorisé(e)s de la société. C’est pourquoi je ressors aujourd’hui cette analyse particulièrement pertinente de l’occupation et de l’autogestion de l’usine Alcan par les travailleurs/euses en 2004, exemple frappant de combativité ouvrière face à des patrons et gestionnaires qui ne pensent qu’en terme de compétitivité sur les marchés et de profits accrus. Dernièrement encore, des possibilités de fermeture de l’usine ont été entendu, fermetures qui se pourraient se réaliser malgré les accords en vigueur entre la multinationale et Québec. Preuve de plus pour constater la double justice qui existe pour les entreprises multinationales qui pillent le territoire mais se soucient bien peu de ses habitant(e)s…


" L’occupation de l’usine d’Arvida par les travailleurs d’Alcan est à marquer d’une pierre blanche dans l’histoire du mouvement ouvrier québécois. Jean-Guy Girard en fait ici la chronique.

26 janvier 2004 en fin de soirée, les 560 travailleurs des salles de cuves Sodërberg occupent l’usine d’Arvida et reprennent la production de l’aluminium contre la volonté d’Alcan. Ils écrivent une page d’histoire du syndicalisme au Canada : c’est la première fois que des syndiqués prennent le contrôle de leur entreprise pour continuer la production. Même à l’échelle internationale ce type d’action est rarissime. Les syndiqués d’Arvida gagnent ainsi l’adhésion de toute la communauté à leur cause. L’occupation prendra fin le 14 février sous le coup d’une ordonnance de la Commission des relations de travail du Québec qui oblige les travailleurs et le syndicat à « … reprendre le travail normal sous la supervision du personnel cadre d’Alcan ». L’occupation d’usine aura duré 19 jours, gardant en haleine la multinationale Alcan et toute une région. Les travailleurs auront réussi, grâce à leur coup de force, à faire parler de la fermeture dans les médias québécois et même canadiens.

Le 22 janvier dernier, en annonçant sans préavis la coupure de 560 emplois, Alcan a rompu un pacte tacite avec le Saguenay–Lac-Saint-Jean. Le seul contrepoids à tous les privilèges qu’on lui accorde, à tous les désagréments qu’elle occasionne à cette région, c’est le salaire qu’elle verse à ses travailleurs. En 1984, 12 000 personnes travaillaient pour Alcan au Saguenay–Lac-St-Jean, le 22 janvier dernier, la coupure de 560 emplois représentait 10 % des 6 000 emplois restants. « L’Alcan s’est accaparée l’essentiel de l’énergie hydro-électrique de cet immense bassin hydrographique, elle a noyé les meilleures terres agricoles du Lac-Saint-Jean, a pollué le Saguenay avec du mercure et des HAP. Ces quelques ingrédients du cocktail chimique nécessaire à la transformation de la bauxite en aluminium ont rendu les crevettes de cet immense cours d’eau impropres à la consommation depuis 1970 et mis les bélugas sur la liste des espèces en voie de disparition. Les conditions de travail déplorables chez Alcan pendant des décennies ont permis à Saguenay d’avoir le championnat du plus haut taux de cancer du poumon au Canada et de se maintenir au premier rang pour quelques autres types de cancer dont celui de la prostate. En fermant ses vieilles installations sans les remplacer, elle nous lègue un environnement industriel dégradé. »

22 janvier 2004 au matin, au Saguenay-Lac-Saint-Jean on sait que quelque chose se prépare. Alcan a convoqué la presse à 15h. Des leaders syndicaux, Alain Proulx et Jean-Marc Crevier, deux anciens présidents du Syndicat national des employés de l’aluminium d’Arvida (SNEEA), sont sortis sur la place publique la semaine précédente pour révéler qu’Alcan émettait des signaux à l’effet qu’elle veut fermer ses salles de cuves Sodërberg rapidement, devançant de dix ans le calendrier prévu. C’est finalement un Jean Charest « piégé » qui fera l’annonce en direct de Davos à 13h au sortir d’une rencontre avec Travis Engen, président étasunien de la plus grande multinationale canadienne. Alcan a prévenu la Sûreté du Québec et celle-ci a dépêché en région un contingent d’anti-émeutes : « Après tout, les gars pourraient se choquer ». En fin de journée, la région ressemble à un vieux boxeur en KO technique ; les mauvais coups pleuvent depuis plus d’un an, aucune partie du corps n’a été épargnée. L’année dernière c’était Agropur, le coup avait été asséné par notre multinationale coopérative québécoise qui annonçait la fermeture de Chambord (160 emplois) et s’accaparait 100 millions de litres de lait, détournés pour être transformés dans des usines du centre du Québec ; en décembre c’était Abitibi Consol à La Baie qui annonçait la fermeture « pour une durée indéterminée » de son usine de pâte et papier, jetant à la rue 625 employés, etc. Le dernier coup frappé par Alcan était en dessous de la ceinture mais l’arbitre avait le dos tourné, comme à l’habitude.

23 janvier, en région la réaction est unanime. Même les alliés habituels de l’Alcan, politiciens, éditorialistes et chambres de commerce, y vont de déclarations incendiaires. André Harvey, député libéral fédéral de Saguenay déclare : « Il faut taxer les mégawatts qu’utilise Alcan ». Il se fait même incisif pour un élu : « Le service de relations publiques de l’Alcan est tellement efficace qu’il contrôle les autorités civiles au Canada. Ils ont aussi des contacts dans tous les médias d’information. La preuve c’est que la fermeture des cuves d’Arvida qui touche 560 travailleurs ne fait même pas la une des quotidiens nationaux ». Malgré la colère qui gronde on ne s’attend pas à grand chose de la part du syndicat. Les choix sont limités : boycottage des heures supplémentaires, appel à une manifestation publique… Mais après tout, l’annonce de la fermeture est assortie d’un engagement d’Alcan que les 560 travailleurs seront protégés ; on procédera en grande partie par attrition, retraites anticipées, reclassement, etc. Finalement, les travailleurs qui devraient être les plus touchés s’en tirent plutôt bien. Dans la région, on les considère généralement comme des « gras durs » avec des salaires d’au moins 60 000 $ par année.

26 janvier en soirée sur le plancher de l’assemblée générale la proposition serait venue du P’tit Mario : « Y ont décidé de fermer dix ans à l’avance sans nous en parler, nous autres on prend le contrôle de l’usine. Nous autres on continue à produire, y viendront nous sortir ». Alain Proulx, maintenant président de la Fédération des syndicats du secteur aluminium (FSSA) explique : « Même si on ne fait pas partie de la même centrale, tous les syndicats de l’aluminium sont assis ensemble dans une intersyndicale. La solidarité a été instantanée pour fournir l’électricité, la bauxite, l’alumine, tous les éléments dont on avait besoin pour repartir la production. » En faisant cette annonce d’une manière aussi sauvage, l’Alcan savait qu’elle pouvait s’attendre à tout. « Ce que craignait l’Alcan, c’est que les travailleurs laissent durcir le métal dans les cuves, ce qui les aurait rendues inutilisables. Ils veulent cannibaliser les vieilles cuves, les Sodërberg ce n’est plus bon à Arvida mais ils continue à produire avec ces cuves à Shawinigan et à Beauharnois. »

Samedi 31 janvier, 5 000 personnes marchent dans les rues d’Arvida à Saguenay pour manifester leur solidarité avec les travailleurs et signifier leur colère à l’Alcan. Dans les médias québécois, cette manifestation sera un peu éclipsée par celle organisée la même fin de semaine contre la centrale thermique le Suroît d’Hydro-Québec, qui réunira elle aussi 5 000 personnes à Montréal. À Saguenay, les gens viennent aussi manifester parce qu’ils savent que la fermeture des Sodërberg ne touchera pas que les travailleurs. Pour chaque poste aboli à l’usine on en perdra trois à l’extérieur. Dans le commerce, les services, dans les petites entreprises satellites on sait que si ces emplois ne sont pas remplacés, on assistera à une dévitalisation économique.

La guerre de l’opinion. L’Alcan tient beaucoup à son image. Au premier rang mondial de la production d’aluminium depuis l’acquisition de Péchiney, son image est importante partout dans le monde et accessoirement au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Le 22 janvier, Alcan fait deux annonces à Davos. La première, répercutée par Jean Charest qui « scoopait » l’annonce de la fermeture en région. La deuxième, c’est l’annonce d’un prix annuel d’un million $ US pour les groupes environnementaux en développement durable. Serait-ce sous-estimer Alcan que de croire que l’émission de ces deux nouvelles le même jour est le fruit du hasard ? Une recherche sur la Toile avec les mots Alcan et Davos donne des résultats bien différents selon la langue. En français, plusieurs des résultats de recherche font état de la fermeture des usines, en anglais un seul des 30 premiers résultats y fait référence et il s’agit d’un média alternatif.

Pour bien comprendre la situation, il faut savoir ce que représente l’Alcan dans la région. Il y avait 12 000 travailleurs à son emploi en 1984, mais on n’en comptait plus que 6 000 au moment de l’annonce de la fermeture des Sodërberg. La compagnie, qui s’appelait à l’époque Alcoa, est arrivée dans les années 20 à la recherche d’une grande quantité d’électricité à peu de frais. Elle s’est associée avec Duke, un milliardaire étatsunien qui avait acheté les droits hydrauliques sur le Saguenay et le Lac-St-Jean pour une poignée de dollars. La mise en marche de la centrale Isle-Maligne en 1926, le plus grand barrage au monde à l’époque, s’est faite de manière sauvage, au détriment de la classe agricole. On a créé de toutes pièces la ville d’Arvida (du nom du président d’Alcoa à l’époque ARthur VIning DAvis), ville entièrement construite puis contrôlée par la compagnie. Alcan, qui appartint pendant longtemps exactement aux mêmes actionnaires américains qu’Alcoa (A. V. Davis, les frères Mellon, etc.), aurait été fondée pour permettre à « l’entreprise canadienne » de maintenir un cartel de l’aluminium. Alcoa ne pouvait plus le faire parce que poursuivie aux États-Unis pour ses pratiques monopolistiques, en vertu de la même loi selon laquelle on poursuivait Microsoft et Bill Gates ces dernières années. On se demande encore pour quelles raisons Alcan a échappé à la nationalisation de l’électricité en 1962. On se demande encore pourquoi le gouvernement du Parti québécois, avec en tête Jacques Brassard, a renouvelé le bail de la Péribonka pour 75 ans en 1984, sans exiger un plancher d’emplois pour la région.

Pendant le conflit, le député Harvey a estimé à 500 millions $ par année l’avantage comparatif que retire Alcan de sa maîtrise de l’énergie hydroélectrique du Saguenay–Lac-St-Jean. Alcan n’a pas réfuté les chiffres, Margot Tapp, sa porte-parole, se contentant de dire que c’était complexe à calculer. Un des principaux enjeux du conflit est de savoir ce qui adviendra des 200 mégawatts libérés par l’arrêt de production des Sodërberg. « Nous nous battons pour nos enfants et nos petits enfants », ont souvent rappelé les syndiqués. De là leur exigence d’une usine de remplacement, pourtant promise par Alcan pour Jonquière. Mais c’était avant qu’Alcan avale Péchiney et achète 25 % des parts dans Alouette… Les syndiqués dénoncent un petit jeu de coulisses qui ferait sortir ce 200 mégawatts de la région pour produire ailleurs de l’aluminium.

Le syndicat a repris ses négociations avec Alcan pour établir le sort de chacun des 560 travailleurs touchés. « Nous continuerons la lutte, nous avons une responsabilité face aux générations futures. L’Alcan a des contrats signés avec GM. S’ils le voulaient, ils pourraient annoncer demain la construction d’un plan à Jonquière ». Alain Proulx ajoute : « Regardez notre fonds de pension, 1 milliard 200 millions $ et l’Alcan ne veut pas nous dire où s’en va notre argent. Ça ne se passera pas comme ça. En prenant des congés de cotisation, ils nous ont volé 150 millions $, c’est fini ce temps-là. Un des principaux enjeux de cette bataille est le contrôle des matières premières, mais on ne peut pas la faire tout seuls, il faut que ça se déplace sur le terrain politique. Là-dessus, la région a beaucoup de chemin à faire. »

Jean-Guy Girard

Journaliste indépendant, il s’est impliqué dans le lancement du journal À Cause ?, un mensuel régional indépendant tiré à 115 000 exemplaires qui n’a pas réussi à aller chercher suffisamment de publicité pour passer le cap d’une première année d’édition. Il est aussi comédien scripteur avec LA RIA, une troupe de théâtre d’intervention et, enfin, propriétaire du Gîte Almatoit."

Source du texte: Occupation de l’usine d’Alcan à Arvida / par Jean-Guy Girard
À bâbord !, No 04 - avril / mai 2004

mardi 23 décembre 2008

Appel à la solidarité avec Benjamin Nottaway, prisonnier politique Algonquin

Le Chef Benjamin Nottaway a été emprisonné pour 45 jours, sans compter les 2 semaines de détention avant procès, pour avoir manifester pacifiquement sur la route 117 afin que les accords signés de Lac Barrière soient honorés et que le gouvernement respecte la gouvernance coutumière de Lac Barrière.

Cet événement fait partie d'une tendance canadienne dans laquelle des chefs autochtones sont emprisonné(e)s pour s'être tenu debout pour leurs droits autochtones que la constitution reconnait. En Ontario, 6 leaders de la première nation Kitchenumahykoosib Inninuwug (KI) et Bob Lovelace ont été emprisonné pour quelques mois pour avoir manifester pacifiquement. Une décision qui a été renversée en cour d'appel.

Adresse pour envoyer des lettres de solidarité à Benjamin:

Benjamin Nottaway
Hull Detention Centre
P-6, D-3
75 Rue St. Francois
Hull, Quebec J9A 1B4



Plus d'informations:
Mercredi, le 10 décembre 2008

Juge du Québec emprisonne un Chef Algonquin pour deux mois à cause d'une démonstration pacifique : la Couronne demande un an pour envoyer « un message clair » à la communauté appauvrie


Kitiganik/Lac Rapide, Territoire Algonquin/ - Jeudi le 4 décembre un juge du Québec à reconnu le chef intérimaire de la communauté du Lac Barrière Benjamin Nottaway coupable de quarante-cinq jours en prison, en plus des quinze jours déjà servis en détention préventive, pour sa participation dans des blocus pacifiques mis en place pour attirer de l'attention sur les violations des droits de la communauté du Lac Barrière par les gouvernements canadiens et québécois.

La communauté du Lac Barrière demande que le Canada et le Québec s'engagent par écrit à respecter leurs ententes et que le gouvernement canadien mandate un observateur pour agir comme témoin lors de la sélection de nouveaux chefs, en accord avec le Code coutumier de gouvernance du Lac Barrière, et qu'il en reconnaisse les résultats.

« C'est honteux que le gouvernement du Québec préfère me mettre en prison plutôt que d'honorer leurs obligations légales en mettant en œuvre les traités signés », déclare le chef intérimaire Nottaway, un père de six qui passa son vingt-huitième anniversaire en prison jeudi passé. « Pendant ce temps, le gouvernement du Canada continue d'interférer dans nos affaires internes tout en essayant de se laver les mains de tout responsabilité pour cette situation. »

Nottaway a été reconnu coupable de trois chef d'accusation de méfait et de bris de conditions émanant des blocus de mars sur les voies d'accès du lac Barrière et d'un blocus, en novembre, de l'autoroute 117 à l'extérieur de la réserve de la communauté dans le nord du Québec. Un blocus en octobre a été démantelé violement par la police anti-émeute, par l'usage de gaz lacrymogène sur une foule contenant des aînés, jeunes et enfants. Plus de 40 membres de la communauté de 450 ont été chargés pour ces actions.

« Québec a maintenant rejoint l'Ontario, qui emprisonna les chefs de la première nation de Kitchenuhmaykoosib Inninuwug (KI) et des Algonquins d'Ardoch pour une démonstration pacifique. La méthode préférée des provinces pour s'occuper de nos droits semble être l'utilisation de la police et des tribunaux jusqu'à ce qu'on oublie que nous en avons, » avança Marylynn Poucachice, une porte-parole de la communauté qui fut arrêté durant le blocus de Novembre.

L'avocat de la couronne France Deschamps demanda au juge Jules Barrière une durée d'emprisonnement de 12 mois déclarant qu'un « message clair » était requis « pour faire en sorte que [les blocus] ne se produisent plus, que M. Nottaway n'aie plus envie de le faire, de le décourager et de décourager aussi le groupe – puisque M. Nottaway est là avec ses supporters et que tout le monde attend le verdict.» Le juge Barrière pointa que la demande de la couronne était « partiellement illégale », puisque 6 mois est la peine maximale pour des poursuites sommaires. Il était par contre en accord avec Deschamps sur le fait qu'une peine de prison était nécessaire déclarant qu'il était «important de passer dans la communauté un message clair. »

« Le seul message que les gouvernements canadiens et québécois envoient c'est leur volonté de criminaliser notre communauté et de séparer nos familles pour éviter d'avoir à mettre en œuvre des traités créant des précédents et de respecter nos coutumes de gouvernance, » ajouta Nottaway.

La communauté du Lac Barrière veut que le Canada et le Québec fassent respecter les ententes issues de l'accord trilatéral de 1991, un accord de développement durable et de cogestion des ressources, qui avait alors été applaudi par l'ONU et la Commission royale sur les peuples autochtones. Le gouvernement du Canada ne respecte plus l'accord depuis 2001. Le Québec a signé en 1998 un accord bilatéral, mais piétine malgré les recommandations soumises en 2006 par deux anciens ministres, John Ciaccia, représentant particulier pour le Québec, et Clifford Lincoln, représentant particulier des Algonquins du Lac Barrière déclarant que l'accord devrait être mis en œuvre.

Le 10 mars 2008, le gouvernement canadien révoqua la reconnaissance du Chef coutumier Benjamin Nottaway et de son Conseil et a mandaté un groupe d'une faction minoritaire qui, selon le Conseil des aînés du Lac Barrière, n'a pas été choisi dans le respect de leur Code coutumier de gouvernance. Le 2 et 3 mars, des membres de la communauté avaient érigés des blocus sur leurs routes d'accès pour empêcher les membres de cette faction minoritaire d'entrer dans la réserve en anticipant que le gouvernement canadien essaierait de s'immiscer illégalement dans la gouvernance interne du Lac Barrière pour la troisième fois en 12 ans.

En 2007, le juge Réjean Paul, de la Cour Supérieure du Québec, a émis un rapport qui concluait que le groupe reconnu par le gouvernement fédéral, lors du prétendu choix d'un chef en 2006, ne représentait qu'une « tres minorité » qui « ne respecte pas le Code coutumier de gouvernance »[1]. Le gouvernement fédéral a reconnu cette faction minoritaire après avoir mené un autre présumé processus de sélection en janvier 2008, même si, selon le rapport d'un observateur sur lequel se fiait le gouvernement, rien ne « garantissait » que le Code coutumier de gouvernance soit respecté [2].

Le Secrétariat de la nation algonquine, un conseil de bande regroupant trois communautés algonquines dont celle du Lac Barrière, reconnaît toujours le leadership de Benjamin Nottaway et continue de travailler avec lui et son conseil.

-30-

Contacts médiatiques :

Norman Matchewan, porte-parole Lac Barrière : 819 - 435 - 2171

Marylynn Poucachiche, porte-parole Lac Barrière (en anglais) : 819 - 435 - 2113


Notes:

[1] http://web.resist.ca/~barrierelakesolidarity/resources/Rapport_du_Juge_Paul-FR.pdf

[2]http://web.resist.ca/~barrierelakesolidarity/resources/Rapport-Riel.PDF

Source: http://solidaritelacbarriere.blogspot.com/